Industrie au LuxembourgL'essentiel dans une Tripartite, c'est de se mettre d’accord sur "le diagnostic"

François Aulner
adapté pour RTL Infos
Alex Schumann, nouveau président de la Fedil, était l'invité de la rédaction de RTL mercredi matin. L'industrie et la crise énergétique étaient au centre de l'entretien.
Alex Schumann, président de la Fedil
Alex Schumann, président de la Fedil
© François Aulner

 Il aurait "en tout cas" été préférable que le Premier ministre attende avant de convoquer la Tripartite : tel est le point de vue du nouveau président de la Fedil, Alex Schumann, exprimé mercredi matin sur RTL. La Tripartite doit en effet être bien préparée et la situation est très complexe. À ses yeux, l’essentiel est que les partenaires sociaux se mettent tous d’accord sur "le diagnostic". Il se dit confiant quant à la possibilité d’y parvenir. Tout comme le directeur de la Fedil, René Winkin, l’avait déclaré lundi, Alex Schumann a estimé mercredi qu’il était encore trop tôt pour formuler des revendications.

Concernant les options possibles pour faire face à la crise énergétique, le nouveau président de la Fedil n’a pas souhaité dévoiler ses cartes. Des propositions seront élaborées dans les prochains jours par l’Union des entreprises luxembourgeoises en collaboration avec les autres fédérations. S’agissant de l’industrie, son constat aujourd'hui est que les entreprises qui achètent leur énergie au jour le jour sont d’ores et déjà impactées. Celles qui achètent à l’avance ne ressentent pas immédiatement l’impact de la hausse des prix de l’énergie, mais elles devront bien acheter à un moment donné ; si les prix sont alors encore plus élevés, l’impact sera encore plus “violent”. Les secteurs du transport et de la logistique, tout comme les entreprises spécialisées dans les emballages ou d’autres dérivés du pétrole, ont déjà vu leurs coûts augmenter, ajoute Alex Schumann.

Ce dernier est par ailleurs responsable des sites de production de Goodyear au Luxembourg. Il est évident qu’une entreprise comme la sienne, active dans le secteur du transport, est rapidement impactée lorsque l’économie ralentit. 

 Favoriser l’investissement et le recrutement dans l’industrie

Il est généralement très difficile de prévoir ce qui va se passer, explique Alex Schumann. La situation est pourtant très simple : “Si le détroit est rouvert, on avance ; s'il reste bloqué, cela deviendra encore beaucoup plus compliqué.” C’est pourquoi la Fedil plaide de longue date pour des marchés ouverts.

En tant que nouveau président de la Fedil, Alex Schumann s’est fixé trois priorités : la place du Luxembourg dans le monde, le recrutement et l’investissement dans l’industrie. Il souhaite mieux faire connaître à ses membres les possibilités de financement offertes par la place financière. Il a toutefois regretté que les petites start‑up ou l’extension de capacités de production échouent souvent à obtenir des financements bancaires. Il se dit conscient des règles d’évaluation du risque, mais il estime que “des fonds doivent être débloqués” en Europe.

En matière de recrutement, 92 entreprises industrielles avaient encore indiqué, dans une enquête de la Fedil il y a moins de deux mois, qu’elles prévoyaient d’embaucher 3.000 personnes au cours des deux prochaines années. Selon lui, le sondage aurait certainement donné des résultats différents s’il avait été réalisé après le début de la guerre en Iran.

Investir signifie aussi disposer de l’espace nécessaire”, a ajouté le représentant de l’industrie, qui a critiqué le fait qu’il puisse falloir entre cinq et dix ans pour viabiliser un terrain, même dans des zones déjà existantes.

À l’issue de l’interview, Alex Schumann a également défendu l’emploi dans l’industrie. Si les salaires moyens y sont inférieurs à ceux de la fonction publique, cela concerne surtout les salaires de début de carrière. Selon lui, l’industrie offre en revanche davantage de possibilités d’évolution. 

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