
Au Luxembourg, le secteur social recourt déjà aux nouvelles technologies, surtout dans le domaine administratif, par exemple en comptabilité. Les travailleurs sociaux utilisent aussi de plus en plus souvent des systèmes de traduction sur leur smartphone, afin de pouvoir communiquer avec des bénéficiaires qui ne parlent aucune des langues courantes, explique le Docteur Andreas Braun, spécialiste de l’intelligence artificielle dans une grande société de conseil.
Se fermer à l’IA n’est pas une option. C’est pourquoi la FEDAS propose déjà des formations spécifiques pour les travailleurs sociaux. C’est nécessaire pour leur travail, souligne le secrétaire général Thomas Lentz, ne serait‑ce que parce qu’un certain nombre de bénéficiaires sont eux‑mêmes en contact avec l’intelligence artificielle.
“L’opportunité réside dans la formation et l’éducation des pédagogues et du personnel encadrant.” Dans le domaine du handicap, l’usage de l’intelligence artificielle peut également être intéressant. “Ces personnes bénéficient d’une assistance, pour laquelle des programmes sont élaborés. L’IA vous permet de mettre en place ces programmes d’assistance plus rapidement, plus efficacement et de manière plus globale”.
L’intelligence artificielle pourrait également aider dans la documentation obligatoire des dossiers, ou pour vérifier si une personne est dans le besoin, comme en Espagne,
“où, par exemple, l’évaluation de la situation de besoin d’une personne est effectuée automatiquement grâce au regroupement de données provenant de différents systèmes, et les personnes ayant droit à une subvention énergétique la reçoivent également de manière automatisée”. Un tel système pourrait aussi être intéressant au Luxembourg pour la subvention de loyer, souligne le Docteur Andreas Braun. En effet, beaucoup de personnes y ayant droit, ne la demandent pas.
Comme le travail social concerne souvent des personnes très vulnérables, il serait essentiel de mettre en place des systèmes d’IA où les données sont traitées le plus possible localement. " Il est important que, ici aussi, en particulier pour le secteur social, une infrastructure souveraine puisse être mise en place, qui soit techniquement de premier niveau tout en permettant de garder un contrôle total sur les données.”