Après le deuxième voteL'IVG définitivement inscrite dans la Constitution luxembourgeoise

Céline Eischen
adapté pour RTL Infos
Une révision constitutionnelle est seulement définitive après deux votes. La proposition de révision de la Constitution visant à inscrire la liberté d’avoir recours à l'IVG dans la Constitution avait été adoptée avec 48 voix pour, six voix contre et deux abstentions lors du 1er vote constitutionnel en mars.

La liberté d’avoir recours à l'IVG est désormais définitivement inscrite dans la Constitution après le 2ème vote constitutionnel intervenu ce mardi 16 juin. Les députés ont approuvé le texte du député déi Lénk Marc Baum par 51 voix pour, six contre et deux abstentions. Dans son discours, celui-ci a souligné qu'en ce jour, le Luxembourg a écrit l’histoire. En effet, le Grand-Duché devient, après la France, le deuxième pays au monde à inscrire l’avortement dans sa Constitution.
Un premier vote avait eu lieu il y a trois mois, début mars, mais une modification de la Constitution n’est définitive qu’après deux votes. 

Les positions des groupes parlementaires et des sensibilités n’ont guère changé entretemps. Le président du groupe CSV, Laurent Zeimet, avait souligné avant le vote que son groupe voterait selon sa conscience. Il faut renforcer la liberté des femmes, mais sans banaliser l’avortement.

Il s’agit d’un signal très clair adressé tant au monde politique qu’à la société, a déclaré la présidente du groupe LSAP, Taina Bofferding.

Le chef de la fraction ADR, Fred Keup, a parlé quant à lui d’une politique symbolique de gauche. Une inscription dans la Constitution n’était pas nécessaire, selon lui. Il faudrait une politique familiale plus cohérente afin que les familles avec enfants soient mieux encadrées et soutenues au Luxembourg. 

 Pour Sam Tanson (déi Gréng), il est appréciable d’obtenir, grâce à ce vote, une garantie pour les générations futures. Les exemples venant de l’étranger montrent que les droits ne sont pas à l’abri des changements de gouvernement. C’est pourquoi il est particulièrement important que la liberté d’avorter soit inscrite dans la Constitution.

À la fin du débat, le député DP Gérard Schockmel est encore une fois monté à la tribune. Comme lors du premier vote, il a indiqué qu’il voterait contre le texte. Selon lui, le texte ferait de fausses promesses. Il s’agirait de désinformation, car le texte ne constituerait pas une véritable garantie. Les conditions d'accès à l’avortement pourraient en effet toujours être modifiées par une simple loi. Marc Baum (déi Lénk) a contesté cette position.

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