
Le Trésor public a perçu 400 millions d’euros grâce à une seule succession, c’est-à-dire, vraisemblablement, grâce à une personne qui n’avait aucun héritier en ligne directe à qui transmettre son patrimoine avec exonération d’impôts. "Le secret fiscal oblige", comme le sait le ministre des Finances. Une nouvelle à la fois triste et positive.
Pour les représentants du LSAP et des Verts, il ne faut pas compter sur ce type de recettes exceptionnelles, mais plutôt chercher de nouvelles recettes structurelles. Le député socialiste Franz Fayot a souligné la faible croissance économique, mais aussi l’existence de dépenses et d’investissements qui ne peuvent pas être "compressés". La députée verte Sam Tanson a dressé un constat similaire. Après avoir exclu ces recettes exceptionnelles de son analyse, elle est arrivée à la conclusion que le déficit budgétaire serait supérieur de 200 millions d’euros à celui prévu dans le budget voté pour cette année.
Le ministre des Finances, Gilles Roth, maintient, comme il l’avait déjà indiqué la semaine dernière sur RTL, que les finances publiques luxembourgeoises sont, selon lui, "solides". D’après le ministre, le déficit budgétaire de l’année dernière s’explique principalement par les 500 millions d’euros de dépenses supplémentaires consacrées à la défense, ainsi que par les dépenses liées à la construction de logements abordables et à l’acquisition de logements sur plan. Malgré cela, il souhaite toujours limiter la hausse des dépenses publiques l’année prochaine.
Actuellement, la hausse des dépenses s’élèverait à 8,9 %. Dans une circulaire adressée aux administrations, l’objectif fixé était de ne pas dépasser 4,5 %. Lundi, Gilles Roth a toutefois évoqué le chiffre de 5 %. Interrogé à ce sujet, il a répondu : "Les souhaits du ministre, c’est une chose. Mais il doit aussi veiller à ce que l’ensemble du gouvernement soit d’accord pour avancer dans cette direction. Si nous arrivons à un chiffre commençant par 5, alors il s’agira d’un compromis qui me paraît acceptable."
À la fin du premier semestre de cette année, le ministère des Finances se montre satisfait de l’évolution des recettes de l’État. Celles-ci ont augmenté de 10,8 % par rapport au premier semestre de l’année précédente. Cette progression est principalement portée par les recettes fiscales provenant de l’impôt sur le revenu des collectivités (IRC), qui progresse de 203,7 millions d’euros (+10,1 %) pour atteindre 2,2 milliards d’euros. Les recettes issues de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) sont également en nette augmentation (+8%). Mais l’inflation a aussi contribué à une hausse des recettes de TVA. Dans ce domaine, les recettes ont progressé de plus de 11 % pour atteindre 3,1 milliards d’euros.
Les dépenses progressent néanmoins également, de 8,9 %, pour s'établir à 16,3 milliards d'euros. La majeure partie de ces dépenses est consacrée aux investissements publics, aux prestations sociales, aux administrations locales ainsi qu’aux salaires des agents de l’État.
Le ministère des Finances souligne par ailleurs que la dette publique du Luxembourg reste modérée par rapport aux standards internationaux. Pour rappel, le Fonds monétaire international (FMI) avait notamment mis en garde le Luxembourg contre une évolution préoccupante de ses finances publiques et de son déficit budgétaire au cours des prochaines années.