Sans la moindre autorisationUne piscine exploitée illégalement pendant 15 ans à Hesperange

Marc Hoscheid
adapté pour RTL Infos
Le principal problème réside dans le fait que la piscine est située dans une zone inondable. Personne ne peut se prononcer actuellement sur une éventuelle réouverture.
Il s’agit de cette construction. À l’endroit où est aujourd’hui posé le plancher en bois, avec des tables et des parasols, se trouvait auparavant la piscine.
Il s’agit de cette construction. À l’endroit où est aujourd’hui posé le plancher en bois, avec des tables et des parasols, se trouvait auparavant la piscine.
© Domingos Oliveira

Malgré la canicule, cet été, la piscine en plein air du Beach Club, située dans le parc de Hesperange, est restée fermée, car il s’est avéré que la commune ne disposait d’aucune autorisation pour l’exploiter. La question se pose désormais de savoir pourquoi cette absence d'autorisation est passé inaperçue pendant des années et ce qu’il va désormais advenir de la piscine.

La piscine en plein air du Beach Club a ouvert ses portes en 2009. Ce fut également la seule année pour laquelle la commune disposait de toutes les autorisations nécessaires à l’exploitation d’une telle piscine, à savoir une autorisation de l’Administration de l’environnement et une autre de l’Administration de la gestion de l’eau. Entre 2010 et 2014, elle ne disposait plus que de celle de l’Administration de la gestion de l’eau et, depuis 2015, elle n’en avait plus aucune. C'est même passé inaperçu lorsque la piscine a été agrandie en 2018. Ce n’est que l’année dernière que la situation a été découverte, lorsque le "Jugendzentrum" de Hesperange a informé la commune qu’il ne souhaitait plus mettre de maîtres-nageurs à disposition. Aujourd’hui, la piscine est fermée et, si cela ne tenait qu’au conseiller communal LSAP Mathis Godefroid, elle le resterait.

"La meilleure chose à faire maintenant serait de la démolir, car il y a tellement de choses qui doivent être modifiées. Enfin, nous allons voir ce qui ressortira au conseil communal. Cette piscine se trouve dans une zone inondable. Lorsqu’il pleut beaucoup, et vous savez comment cela se passe à Hesperange, où il y a souvent des inondations de l’Alzette en cas de fortes pluies, de l’eau chlorée pourrait tout simplement se déverser dans l’Alzette."

2009 huet déi oppe Schwämm vum Beach Club am Hesper Park hir Dieren opgemaach.
2009 huet déi oppe Schwämm vum Beach Club am Hesper Park hir Dieren opgemaach.
© Domingos Oliveira

Les Verts de Hesperange voient toutefois les choses un peu différemment. Le conseiller communal Stephen De Ron demande à la coalition CSV-DP de tout mettre en œuvre pour que la piscine puisse reprendre ses activités le plus rapidement possible. En revanche, la question de savoir qui est responsable de la situation actuelle reste assez floue.

"Quant à savoir lequel des responsables de la commune avait cette piscine dans ses attributions, nous n’avons jamais vraiment obtenu de réponse. On nous a seulement dit qu’il s’agissait d’un ancien collaborateur qui avait également été impliqué dans toute cette affaire liée au scandale de Hesperange. C’est un peu facile de dire cela, car je pense qu’on ne peut pas simplement pointer du doigt un petit employé."

Rappelons ici que Marc Lies a été bourgmestre de Hesperange de 2009 à 2025. Interrogée sur la date à laquelle la piscine pourrait rouvrir, l’actuelle bourgmestre Diane Adehm préfère ne pas trop s’avancer. Des discussions seraient en cours avec l’Administration de la gestion de l’eau.

"Nous devrons voir ce qui ressortira de ces discussions avec l’Administration et déterminer si nous pouvons mettre l’installation en conformité ou non. Car, comme je l’ai dit, nous avons entre-temps construit sur place des infrastructures fixes qui n’ont jamais été autorisées et pour lesquelles nous n’avions pas non plus obtenu, à l’époque, d’accord de l’Administration de la gestion de l'eau. Nous devons donc maintenant voir si l’Administration nous dit qu’il suffit de procéder à une mise en conformité sur la base des mesures proposées par le bureau d’études, ou si elle nous dit : 'Non, il est tout simplement impossible de mettre cette installation en conformité, vous devez la démolir.'

Si la piscine devait effectivement ne plus pouvoir rouvrir, ce serait en tout cas extrêmement préjudiciable, car elle était très fréquentée, notamment par des familles avec enfants ainsi que par les maisons relais. Sa popularité se reflète également dans le fait que, dès le début du mois de juin, plus de 500 personnes avaient signé une pétition réclamant la réouverture de la piscine.

Ob déi ganz Affär juristesch Suitte kréie wäert, hänkt vum Waasserwirtschaftsamt of.
Ob déi ganz Affär juristesch Suitte kréie wäert, hänkt vum Waasserwirtschaftsamt of.
© Domingos Oliveira

La question de savoir si toute cette affaire aura des suites judiciaires dépend de l’Administration de la gestion de l’eau. Interrogée sur le fait de savoir si elle verrait d’un bon œil qu’un tribunal se saisisse du dossier, Diane Adehm n’a pas souhaité répondre. Elle a indiqué qu’elle ne voulait pas s’immiscer dans le travail de l’Administration de la gestion de l’eau.

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