
Une directive européenne de 2022 impose aux États membres un cadre clair pour fixer le salaire minimum. Celui-ci devant être “adéquat” et “offrir un niveau de vie décent aux travailleurs”.
Étant impossible à chiffrer au niveau européen, la directive demande à ce qu’il soit décidé au niveau national et encadrer sur base de l’un de ces critères : soit 60% du salaire médian brut, soit 50% du salaire moyen brut. Un cadre confirmé par la Cour de justice de l’UE en novembre dernier.
Les deux premiers critères donnent un salaire minimum légal plus élevé que celui en vigueur au Luxembourg. Mais les notions de “salaire médian” et de “salaire moyen” ont une importance capitale car les deux ne sont pas égaux.
Actuellement, le salaire social minimum non-qualifié est fixé au Luxembourg à 2.703,74€ brut (le salaire qualifié est lui de 3.244,48€ brut). En fonction du choix du gouvernement, le salaire minimum pourrait augmenter de 200€ à 460€ et atteindrait :
Le salaire social minimum qualifié resterait lui fixé à +20% par rapport au montant choisi.
Le ministre du Travail a précisé à titre personnel préférer la notion de “salaire médian”. Et a réaffirmé que le gouvernement travaillait sur ce dossier et devrait annoncer sa décision avant Pâques. Malgré l’appel de plusieurs organisations pour limiter l’évolution du salaire minimum, voire carrément pour supprimer le salaire social minimum qualifié (3.244,48€ brut), Marc Spautz a estimé que le gouvernement n’avait pas été élu sur ces promesses électorales : supprimer le SSM qualifié “ne figure pas dans l’accord de coalition” a-t-il fait savoir. Il juge également que son adaptation aux salaires réels doit continuer.
Quelle que soit la décision du gouvernement, la hausse du salaire minimum sera conditionnée à l’écriture, le débat et le vote d’un projet de loi.