Un an après l'accident sur la N15Un dossier pénal classé sans suite et un radar tronçon mis en service

Tim Morizet
adapté pour RTL Infos
Le 1er septembre 2025, cinq personnes perdaient la vie dans un terrible accident sur la N15, entre Feulen et Heiderscheid. Le dossier pénal a été clos relativement vite, mais les procédures civiles peuvent encore se poursuivre. Parallèlement, les mesures de sécurité ont été renforcées sur ce tronçon.
© Domingos Oliveira / RTL

L'accident survenu sur la N15 a été le plus grave qui se soit produit sur les routes luxembourgeoises depuis plus de 30 ans. Le 1er septembre 2025, cinq personnes ont perdu la vie dans une collision frontale entre deux véhicules.

Mais que se passe-t-il réellement après un tel accident, une fois les opérations de secours terminées sur place ? Outre l'enquête visant à déterminer les causes de l'accident, toute une série de démarches juridiques, civiles et liées à la sécurité routière sont lancées.

Le dossier pénal est clos, pas le volet civil

Sur le plan juridique, il faut distinguer deux volets, explique Michaël Federici, directeur de l'Association nationale des Victimes de la Route (AVR) : le volet pénal et le volet civil.

Dans le cas concret de l'accident sur la N15, la première question a été réglée relativement rapidement. Comme toutes les personnes directement impliquées dans l'accident étaient décédées, aucune poursuite pénale ne pouvait être engagée contre quiconque. Le parquet a donc classé le dossier sans suite.

"Cela ne signifie pas que rien ne se passe sur le plan civil", souligne toutefois Michaël Federici. Il s'agit ici notamment des éventuelles indemnisations pour les membres des familles. Ces questions sont réglées entre les compagnies d'assurance, soit à l'amiable, soit, si nécessaire, devant les tribunaux.

Même en l'absence de poursuites pénales, il reste important de faire toute la lumière sur les circonstances de l'accident. Les familles, les avocats et les compagnies d'assurance peuvent obtenir des informations figurant dans le procès-verbal. "Les responsabilités doivent toujours être établies dans la mesure du possible", explique Michaël Federici. D'une part, pour les familles qui souhaitent savoir ce qui s'est passé, d'autre part, pour tirer d'un accident les enseignements nécessaires en matière de sécurité routière afin d'en prévenir d'autres.

Les accidents sont analysés au sein d'un groupe de travail

Parallèlement, les autorités examinent si des mesures doivent être prises sur la route concernée. À cette fin, il existe un "Groupe de travail – Audit de sécurité", placé sous la direction de l'Administration des Ponts et Chaussées. Outre des spécialistes des infrastructures routières, la Police, la Sécurité routière et l’Association nationale des Victimes de la Route (AVR), entre autres, y sont représentées.

Ce groupe ne se penche toutefois pas uniquement sur les accidents particulièrement graves. Il analyse également les endroits où les accidents se produisent fréquemment et évalue si de nouvelles infrastructures ou d’autres mesures sont éventuellement nécessaires.

En raison de sa gravité, l’accident de la N15 a été traité en priorité. "Dans ce cas précis, le groupe a conduit à l’introduction d’une demande visant à installer un radar à cet endroit", explique le directeur de l’AVR. L’objectif principal était de réduire la vitesse sur ce tronçon.

Près de 2.900 infractions depuis la mi-mai

Le radar tronçon installé sur la N15 est en service depuis le 18 mai 2026. Selon la Police, à la date du 27 août, il avait flashé à 2.869 reprises pour excès de vitesse.

Les chiffres sont restés relativement stables au cours des premiers mois : de la mi-mai à la mi-juin, le radar a été déclenché 865 fois ; de la mi-juin à la mi-juillet, 821 fois ; et entre la mi-juillet et la mi-août, 926 fois. La vitesse la plus élevée enregistrée a été de 139 km/h.

La police constate une baisse des vitesses

En plus du radar tronçon, la police reste présente sur la N15. Des patrouilles et des contrôles ciblés y sont effectués, notamment pour vérifier l'utilisation du téléphone au volant ou le port de la ceinture de sécurité. Selon la police, il est toutefois encore trop tôt pour fournir une évaluation statistique précise de l'effet du radar.

Les observations des agents sur place indiqueraient néanmoins une évolution positive. Globalement, les vitesses pratiquées sur ce tronçon seraient en baisse. La police ne dispose cependant pas de données de mesure concrètes permettant de quantifier précisément cette évolution.

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