
"Aujourd’hui, il y a nettement plus d’enfants à besoins spécifiques qu’il y a quelques années, et dans les salles de classe, le personnel enseignant se heurte de plus en plus souvent à ses limites", explique le ministre de l’Éducation Claude Meisch, qui a présenté lundi un nouveau plan d’action pour l’inclusion dans l’enseignement fondamental. Depuis 2017, le système a déjà été considérablement renforcé, notamment grâce à un triplement du personnel des ESEB, les “équipes de soutien des élèves à besoins éducatifs spécifiques”. Malgré ces progrès, de nombreux défis subsistent.
La société évolue en permanence, et avec elle les besoins des élèves ainsi que les réalités auxquelles les écoles sont confrontées. C’est ce qui ressort d’un processus de consultation sur le terrain, auquel ont participé plusieurs acteurs de l’enseignement fondamental.
De nombreuses écoles et enseignants ressentent une certaine surcharge de travail avec l’accompagnement des enfants ayant des besoins scolaires particuliers. Leur nombre ne cesse d’augmenter, tandis que les procédures d’accès à l’aide sont parfois perçues comme trop lentes. Les équipes de l’ESEB constituent une ressource précieuse et l’objectif est désormais de renforcer ce qui fonctionne bien, explique le ministre de l’Éducation Claude Meisch.
“Nous voulons en fait que les différentes aides et les différents intervenants collaborent plus étroitement, que les rouages s’emboîtent mieux. Nous disposons de ressources très diverses, mais il faut travailler ensemble. C’est pourquoi un comité local doit examiner comment les différentes ressources — qu’il s’agisse de l’ESEB, des I‑EBS ou des A‑EBS de l’école — peuvent réellement se répartir les tâches dans un plan organisationnel, afin de pouvoir réagir de manière réellement adéquate."
En plus d’une meilleure coordination entre les différents acteurs du système scolaire, les actions se concentrent surtout sur des réactions plus rapides en cas de situations graves, un soutien plus individualisé des enfants concernés et une présence renforcée de personnel spécialisé dans le quotidien scolaire. Les élèves deviennent de plus en plus enclins à la violence et présentent des déficits socio‑émotionnels : une évolution fréquemment évoquée comme un grand défi lors des consultations sur le terrain. Le ministre de l’Éducation s’est déjà souvent interrogé sur l’origine de telles attitudes.
“La réponse était en fait très claire. Ce sont souvent les écrans durant les premières années de vie. Et nous savons que les écrans avant 3 ans ne sont absolument pas bons pour les enfants, surtout pour leur développement linguistique, parce que personne ne leur parle ; pour leur développement moteur, parce qu’ils ne bougent pas ; et aussi pour leur développement socio‑émotionnel, parce qu’ils n’ont en fait pas de contact direct avec d’autres enfants ou d’autres adultes, mais regardent simplement un écran. Et je pense que beaucoup de ce que nous essayons de gérer aujourd’hui vient de là."
La prévention joue également un rôle important. Dès le début de la scolarité, un encadrement renforcé au cycle 1 doit permettre de réagir plus tôt, afin de pouvoir identifier des problèmes le plus rapidement possible et d’y apporter un accompagnement adapté. La collaboration entre les écoles, les parents et les acteurs externes doit également être renforcée grâce à un nouveau service national d’accompagnement des familles.
“Et c’est pourquoi nous devons aussi, je pense, renforcer les familles via le dispositif de l’Office national de l’enfance. Mais également assurer une mise en réseau de l’aide que l’école peut apporter et de celle que l’ONE peut offrir, afin que ces deux formes de soutien s’articulent étroitement. C’est pour cela que nous prévoyons d’instaurer, dans chaque direction régionale, un service scolaire de l’ONE, qui pourra, lorsque c’est nécessaire, travailler également avec la famille."
Actuellement, huit centres de compétences dans le domaine de la psychopédagogie spécialisée assurent un accompagnement à travers un réseau de 91 antennes dans tout le pays. Et d’ici 2028, cette offre doit être étendue à 124 annexes, avec une croissance particulièrement importante pour le service dédié au développement socio‑émotionnel et pour le centre spécialisé dans l’autisme.