
Après le décès de deux détenus en l’espace de deux jours la semaine dernière, l’association "eran, eraus ... an-elo" sort du silence. Le groupement, qui défend les droits des personnes détenues, entend mettre en lumière deux problèmes structurels auxquels serait confronté le système pénitentiaire luxembourgeois.
Premier point soulevé : le centre pénitentiaire de Sanem, destinée exclusivement à la détention provisoire, serait confronté à une situation de surpopulation chronique. L’association appelle la ministre de la Justice à ne pas rester passive face à cette situation.
Autre problème : la prise en charge des détenus souffrant de troubles psychiatriques au Centre hospitalier neuro-psychiatrique (CHNP) d’Ettelbruck. Là encore, les conditions seraient loin d’être adaptées, les infrastructures du CHNP n’étant pas conçues pour accueillir des personnes détenues présentant ce type de troubles.
La création d’une unité socio-psychiatrique et médico-légale était pourtant déjà prévue dans le cadre de la réforme pénitentiaire de 2018. Huit ans plus tard, sa construction n’a toujours pas débuté, souligne l'association. Pour "eran, eraus ... an-elo", les pouvoirs publics doivent donc agir.
L’association insiste sur le fait qu’elle ne souhaite pas instrumentaliser les décès survenus récemment dans ces deux structures. Son objectif est avant tout d’attirer l’attention sur des dysfonctionnements qu’elle considère comme structurels au sein du système pénitentiaire.