
La balle est dans le camp du gouvernement luxembourgeois, estime Jean‑Louis Zeien de l’initiative "Devoir de vigilance". En ce qui concerne la directive européenne sur les chaînes d’approvisionnement, le Luxembourg devrait aller plus loin, et être un exemple en Europe. Concrètement, la directive porte sur le devoir de vigilance que les grandes entreprises multinationales devront à l’avenir respecter en matière de droits humains, de climat et d’environnement.
L’initiative, qui représente 16 ONG, critique le fait que la directive européenne sur les chaînes d’approvisionnement a été édulcorée au niveau de l’UE. Désormais, seules 970 entreprises relèvent encore de cette législation à l’échelle européenne. Au Luxembourg, il s’agit d’une trentaine d’entreprises. "Au Luxembourg, davantage d’entreprises seront concernées par cette législation qu’au Portugal, par exemple, précisément parce que nous comptons de nombreuses holdings", souligne Jean‑Louis Zeien.
Le Luxembourg devrait se conformer à son plan d’action national en matière de droits humains et d’affaires, en particulier lorsqu’il s’agit de secteurs à risque tels que les cybertechnologies, l’industrie pornographique ou le secteur militaro‑industriel, que le gouvernement souhaite développer. En outre, le secteur financier devrait également être responsabilisé, estime Jean‑Louis Zeien, qui cite notamment les banques et les fonds d’investissement. L’année dernière, des bénéfices historiques ont en effet été réalisés. Les Nations unies ont d’ailleurs encouragé le Luxembourg à devenir un leader mondial dans le domaine de la finance durable.
Pascal Hursting, membre de l’initiative, critique quant à lui le fait que le point concernant les plans de transition climatique ait été retiré de la directive. Concrètement, cela signifie que les entreprises auraient dû présenter leurs plans montrant comment elles s’aligneraient sur les objectifs climatiques des Nations unies. Cette obligation fait notamment partie de celles que l’initiative souhaite voir inscrites dans la législation luxembourgeoise.
Une autre revendication est que la directive impose des responsabilités aux multinationales comptant au moins 1.000 employés et réalisant un chiffre d’affaires dans l’Union européenne de 450 millions d’euros, et non, comme prévu actuellement, à partir de 5.000 employés et d’un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros.
Avec une réglementation plus stricte, 70 à 80 entreprises seraient concernées au Luxembourg, contre une trentaine seulement dans le cadre de la directive actuelle. Les entreprises concernées devraient alors être contrôlées par une instance de contrôle indépendante, qui ne serait pas rattachée à un ministère.