
Tous les candidats déjà déclarés à la primaire, prévue les 9-10 et 16-17 octobre, se croiseront durant les deux jours à Blois, pour faire campagne et capter l'attention médiatique, à huit mois d'une présidentielle dominée dans les sondages à gauche par Jean-Luc Mélenchon.
Outre Raphaël Glucksmann, qui sera sur place vendredi après-midi et samedi, sont présents les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj, ainsi que l'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal, prévue samedi.
D'autres prétendants socialistes à l'Elysée - mais sans passer par une primaire - sont également présents, comme le maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) Karim Bouamrane, et surtout l'ancien président François Hollande, annoncé vendredi en fin de journée.

Celui qui ne s'est pas encore déclaré officiellement et publie un livre le 3 septembre explique dans Le Point qu'il se présentera si à la fin de l'année "la situation l'exige", et qu'il a "la conviction (...) qu'un rassemblement est possible" sous sa bannière.
En clair, si Raphaël Glucksmann, actuellement en tête de l'arc social-démocrate avec des intentions de vote comprises entre 11% à 18% selon les configurations, dévisse.
Olivier Faure l'a invité vendredi devant la presse à rejoindre la primaire, tout comme Karim Bouamrane : "Personne ne peut construire sur l'échec de son camp", a-t-il estimé.
"J'espère que dans les prochaines semaines, grâce à la primaire, nous allons permettre de focaliser l'attention sur ce que nous portons", a-t-il insisté, espérant une primaire "qui nous déborde" car "il ne faut jamais avoir peur du peuple".
Pour l'instant, Raphaël Glucksmann, sur une ligne pro-européenne et anti-Mélenchon, a un temps d'avance, et peut se targuer, depuis qu'il a officialisé dimanche sa candidature et sa participation à la primaire, du ralliement de plusieurs socialistes, dont la présidente de la région Occitanie Carole Delga et les maires de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol et de Montpellier Michaël Delafosse.

Cerise sur le gâteau, il a engrangé jeudi celui du chef des députés socialistes Boris Vallaud, qui le considère comme "le mieux placé et le mieux préparé".
Raphaël Glucksmann, qui revendique un millier d'adhésions supplémentaires depuis dimanche, pourra tester sa popularité auprès des cadres et militants socialistes. Mais subsiste encore une inconnue : la candidature du premier secrétaire Olivier Faure.
Ce dernier n'a pas prévu de se déclarer à Blois, a-t-il dit à la presse. Mais il devrait le faire prochainement - il a jusqu'au 15 septembre -, avec pour objectif de défendre sa ligne d'union de la gauche et des Ecologistes.
Pour un de ses proches, Olivier Faure est "légitime" à présenter sa candidature. "Il y aurait un manque, s'il n'était pas candidat".
Il ajoute qu'une partie des militants auront un réflexe identitaire quand il faudra choisir entre "l'un qui est socialiste, l'autre qui ne l'est pas".

Et le même d'estimer que le match n'est "pas plié", et que tout dépendra des personnes qui viendront participer à la primaire, moyennant une cotisation de 15 euros.
"Si Olivier Faure se déclare, ça change la donne", abonde la députée Dieynaba Diop. "C'est le seul qui parle à toute la gauche", rappelle-t-elle.
Reste que le premier secrétaire est jusque-là sondé autour de 4 à 5%, quand il est testé.
Et Raphaël Glucksmann, qui a déjà obtenu le soutien de l'ex-candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot, entend lui aussi attirer à lui les Verts.
Mais ces derniers, échaudés par le refus de Place publique et des militants socialistes d'une primaire ouverte avec eux, semblent à ce stade plus enclins à un rapprochement avec La France insoumise ou à une candidature autonome.
Des représentants écologistes, dont la cheffe des députés Cyrielle Chatelain, accueillie en star samedi dernier aux journées d'été des Insoumis dans la Drôme, feront le déplacement à Blois.