UkraineLes habitants de Kherson appelés à évacuer face aux frappes russes

RTL Infos avec AFP
Les autorités de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, ont appelé jeudi les habitants à évacuer face au danger des frappes russes qui s'intensifient et risquent de laisser la ville sans électricité ni chauffage avant l'hiver.
Les dégâts après une attaque russe sur Kherson, en Ukraine, le 26 septembre 2025.
© Kherson Regional Military Adm / ANADOLU / Anadolu via AFP

"Je m'adresse encore une fois aux habitants de Kherson, en particulier aux familles avec enfants et aux personnes âgées: si vous en avez la possibilité (...) partez, je vous en prie!", a déclaré sur Telegram le gouverneur régional Oleksandre Prokoudine.

"L'ennemi intensifie chaque jour ses attaques contre les infrastructures essentielles de la région", a-t-il averti, faisant état d'une "situation sécuritaire extrêmement difficile".

La ville de Kherson, qui comptait environ 280.000 habitants avant la guerre, avait été sous contrôle russe de mars à novembre 2022. Les forces russes sont désormais positionnées sur l'autre rive du fleuve Dniepr qui la borde, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux bombardements russes.

Et ce alors que l'Ukraine manque de munitions pour intercepter des attaques qui se sont intensifiées dans tout le pays ces derniers mois.

Selon le gouverneur, les frappes russes sont menées de manière croissante avec des drones à réaction et des bombes aériennes guidées, impossibles à intercepter.

Il a évoqué en particulier des "dégâts très graves" subis par une centrale de chauffage urbain dans la nuit de mercredi à jeudi: "Kherson peut se retrouver sans électricité ni chauffage, non pas pour des heures ou des jours, mais pour une longue période".

L'hiver dernier, l'armée russe avait frappé à répétition les centrales électriques ukrainiennes, plongeant par moments des millions de personnes dans le froid et le noir.

Or, avant même la chute des températures de l'automne, les autorités redoutent un scénario encore pire: début août, le président Volodymyr Zelensky a prévenu que l'Ukraine n'avait "quasiment plus aucune centrale thermique intacte".

Attaques répétées à Kiev

La Russie et l'Ukraine font monter en puissance depuis plusieurs mois leurs frappes à longue portée, visant de plus en plus souvent des infrastructures civiles telles que des entrepôts logistiques et des sites pétroliers et portuaires.

Ces attaques font un nombre croissant de victimes civiles.

A distance du front, Kiev a été particulièrement visée cet été par les attaques russes, qui deviennent fréquentes y compris dans la journée.

Jeudi seulement, la capitale a passé au total près de 15 heures sous alerte aérienne en raison d'attaques répétées aux drones, selon les autorités locales.

Cela "montre comment la Russie utilise ses armes pour perturber la vie civile", a réagi le ministère ukrainien des Affaires étrangères, avertissant que Moscou continuait "d'accroître sa capacité à faire la guerre".

Face aux bombardements russes, Volodymyr Zelensky ne cesse de plaider auprès de ses alliés pour obtenir de nouveaux moyens de défense antiaérienne.

Si l'Ukraine a reçu ces derniers jours de nouvelles promesses d'aide militaire des Européens, dont la France, elle dépend surtout de systèmes avancés américains Patriot pour protéger son espace aérien.

Or les livraisons de ces missiles ont fortement diminué alors que les stocks des États-Unis ont fondu en raison de la guerre au Moyen-Orient.

Quatre ans et demi après l'invasion russe à grande échelle en Ukraine, les négociations, un temps engagées sous médiation américaine pour mettre fin au conflit, sont dans l'impasse et le front ne bouge que très lentement.

Le chef d'état-major russe Valéri Guérassimov s'est cependant rendu auprès de troupes combattant sur le front ukrainien pour les féliciter de leurs "succès" dans la région orientale de Donetsk.

Lors de cette visite rendue publique jeudi mais dont la date n'a pas été précisée, il a affirmé que l'armée russe ne se situait plus qu'à quelques kilomètres de Sloviansk et Kramatorsk, villes dont la capture représente un objectif clé pour le Kremlin.

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