
Martin Ryan, né en 1988, figure sur une liste de 20 personnes graciées et est le seul ressortissant français à en bénéficier. Le président Ilham Aliev a notamment pris en compte "leurs personnalités, état de santé, et situation familiale", selon le décret publié sur son site internet.
Selon un diplomate à Bruxelles, Paris a fait pression auprès des pays membres de l'UE pour lever les sanctions visant Alicher Ousmanov dans le cadre d'un accord de libération de prisonniers impliquant des citoyens français détenus en Azerbaïdjan.
Suivant la brèche ouverte par la France, le Luxembourg a également demandé et obtenu l'annulation des sanctions visant un autre oligarque, le russo-israélien Mikhaïl Fridman, qui réclamait du Grand-Duché, devant la justice, 15 milliards d'euros de réparations à la suite des sanctions de l'UE.
La levée des sanctions mardi visant ces deux milliardaires, réputés proches du Kremlin et accusés de soutenir l'effort de guerre russe contre l'Ukraine, a suscité de vives protestations à Kiev.
"Au moment où la Russie mène des attaques brutales contre notre population,(...) envoyer des signaux sur la levée des sanctions contre des oligarques russes est une démarche autodestructrice", a ainsi réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
L'exigence portée par la France de rayer de la liste M. Ousmanov a surpris à Bruxelles. Paris a invoqué des "raisons de sécurité nationale" devant ses partenaires, sans plus d'explication.

Paris réclame depuis des mois la libération de l'homme d'affaires Martin Ryan, condamné en Azerbaïdjan, en mars 2026, à 10 ans de prison pour "espionnage".
Installé à Bakou depuis plusieurs années, M. Ryan avait été arrêté le 4 décembre 2023 par les autorités azerbaïdjanaises, l'accusant de travailler pour les services secrets français.
Le ministère français des Affaires étrangères a toujours rejeté "catégoriquement" ces accusations, qualifiant cette détention d'"arbitraire".
Selon l'accusation, Martin Ryan aurait collecté des informations concernant les relations de l'Azerbaïdjan avec la Turquie, l'Iran et le Pakistan, concernant des entreprises liées à la Russie et à la Chine et sur des questions liées au Karabakh, une enclave longtemps au coeur d'un conflit armé entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie.
Son procès avait débuté en janvier 2025 à Bakou mais ce n'est que plus d'un an plus tard, le 16 mars dernier, qu'il avait été condamné. Un coaccusé azerbaïdjanais, Azad Mamedli, avait été, lui, condamné à 12 ans de prison pour "haute trahison".
Selon le décret présidentiel azerbaïdjanais publié mercredi, outre M. Ryan, quatre autres ressortissants étrangers figurent parmi les personnes libérées : un Russe, un Pakistanais et deux Turcs.
Un autre citoyen français est emprisonné en Azerbaïdjan, l'homme d'affaires Anass Derraz. Il a été condamné à 12 ans de prison en novembre 2025 à Bakou dans une affaire où il est accusé d'avoir accepté un pot-de-vin d'un oligarque russe.
Les relations bilatérales entre la France et l'Azerbaïdjan se sont fortement dégradées après la reprise par Bakou, en septembre 2023, du contrôle du territoire du Karabakh, alors à majorité arménienne, ce qui a provoqué le déplacement de plus de 100.000 habitants.
Bakou reprochait le soutien de Paris à l'Arménie. Les autorités françaises ont accusé en retour l'Azerbaïdjan d'une ingérence concernant ses territoires d'outre-mer, ce que Bakou nie.
En mai, le président français Emmanuel Macron avait discuté par téléphone avec Ilham Aliev des moyens de "développer" la relation entre leurs deux pays au sortir de ces vives tensions.