Plus d'un million de citoyens avaient réclamé l'an dernier que l'UE bannisse ces pratiques, dans une pétition relayée par de nombreuses personnalités, comme la chanteuse belge Angèle ou l'ancien Premier ministre français Gabriel Attal.
Les thérapies de conversion assimilent l'homosexualité à une maladie, et prétendent à tort pouvoir modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne.
Elles peuvent prendre la forme de stages, de séances d'exorcisme, ou encore d'électrochocs.
Autant de pratiques qui n'"ont pas leur place dans notre Union", a souligné Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, devant laquelle flottait un drapeau LGBT+ mercredi.
"C'est une pratique honteuse, c'est une pratique inacceptable, il ne s'agit pas de soins, c'est une violence déguisée. Personne ne devrait avoir à vivre ça", a appuyé la commissaire européenne Hadja Lahbib, en charge de l'égalité.
Les thérapies de conversion sont, pour l'heure, complètement interdites dans huit pays de l'Union européenne: la France, la Belgique, Chypre, l'Allemagne, Malte, le Portugal, l'Espagne et la Grèce.
La pétition de mai 2025, relayée par le chanteur Pierre de Maere, l'actrice Marie Papillon et de nombreux responsables politiques français, réclamait de l'UE qu'elle les interdise à l'échelle du continent.
Mais Bruxelles a estimé, à ce stade, ne pas avoir les compétences légales pour bannir ces pratiques "efficacement".
La Commission craignait de se heurter à des blocages juridiques ou d'empiéter sur les prérogatives des Etats membres.
Elle va donc leur renvoyer la balle, en proposant, en 2027, un texte qui recommanderait aux 27 pays de l'UE de bannir ces pratiques -- sans toutefois les obliger à le faire.
C'est une "occasion manquée", a regretté le groupe "Against Conversion Therapy", à l'origine de la pétition.
"Dans un contexte politique international où la montée des idées réactionnaires touche le monde entier, il y a urgence à ce que l'Union européenne agisse", a-t-il insisté.
La réponse est aussi jugée "trop timide" par l'eurodéputée lesbienne Mélissa Camara, au vu "des dommages et traumatismes causés par ces pratiques".
La commissaire Hadja Lahbib rétorque que l'initiative de Bruxelles est "historique". Et qu'elle a été prise après avoir reçu les témoignages de victimes de ces pratiques, sujettes à des "médications forcées, des violences verbales et physiques, des décharges électriques, des abus sexuels et des viols".
"Je n'oublierai jamais ce que j'ai entendu", a assuré la responsable européenne.