Débat au LuxembourgL'Allemagne toujours opposée à la suspension de l'accord UE-Israël

AFP
L'Allemagne a confirmé mardi son refus de suspendre l'accord d'association entre Israël et l'Union européenne, en dépit des appels lancé en ce sens par d'autres pays de l'UE, dont l'Espagne.
Johann Wadephul, lors du comité du CDU le 28 avril 2025 à Berlin au cours duquel il a été désigné ministre des Affaires étrangère
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"Nous considérons cela comme inapproprié", a affirmé le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul, à son arrivée à Luxembourg pour une réunion avec ses homologues de l'UE.

"Nous devons parler des questions cruciales avec Israël", mais "cela doit se faire dans un dialogue critique et constructif avec Israël, c'est que nous défendons", a-t-il ajouté.

Ce refus de l'Allemagne empêche la suspension de cet accord, une décision qui requiert l'unanimité des 27.

"Si nous le faisons pas, notre crédibilité sera perdue", a en revanche déclaré le chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares. L'Espagne réclame la rupture de cet accord d'association, entré en vigueur en 2000. A ses côtés, l'Irlande et la Slovénie ont également signé une lettre commune demandant un "réexamen" de cet accord.

"Nous devons agir. Nous devons nous assurer que nos valeurs fondamentales sont protégées", a déclaré la ministre irlandaise, Helen McEntee.

L’attitude des Européens s'est durcie après la guerre à Gaza, les dernières offensives israéliennes au Liban et le vote d'une loi instituant la peine de mort ne visant que les Palestiniens, il y a trois semaines.

"Que doit-il encore se passer pour que l'Union européenne soit ébranlée par les violations systématiques du droit international et des droits de l’homme commises par Israël", a ainsi lancé le ministre espagnol.

Outre une suspension de l'accord dans son ensemble, la Commission européenne a également proposé aux Vingt-Sept de suspendre uniquement son volet commercial, ce qui peut être décidé à la majorité qualifiée des Etats membres.

Ces derniers en ont déjà débattu, mais sans parvenir à trouver cette majorité, qui requiert au moins 15 Etats membres représentant 65% de la population de l'UE.

"Si l’avis des États membres a changé, alors nous pouvons avancer avec ces décisions", a prudemment déclaré mardi à Luxembourg la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas.

L'UE est le premier partenaire commercial d'Israël, pays auquel l'Allemagne vend notamment des armes.

La France et la Suède ont de leur côté réclamé dans une lettre commune de restreindre les importations en provenance des colonies israéliennes installées dans les territoires palestiniens occupés.

"Nous estimons que l’UE doit de toute urgence accroître la pression sur Israël", indique le texte de cette lettre.

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