
TotalEnergies ne pourra "pas maintenir" son plafonnement sur le prix des carburants dans ses stations-service en cas de taxe sur les profits exceptionnels liés à la guerre au Moyen-Orient, a prévenu mardi son PDG Patrick Pouyanné dans une interview à la presse régionale.
"En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, (...) nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement dans nos stations en France", a averti le patron, dans une interview à Sud Ouest et à La République des Pyrénées.
Les bénéfices exceptionnels réalisés par TotalEnergies grâce à la guerre au Moyen-Orient ont relancé le débat politique sur l'opportunité d'une taxe spécifique, objet de propositions de loi à gauche, face à un gouvernement plutôt enclin à laisser le pétrolier "redistribuer" cet argent comme il l'entend.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ainsi encouragé TotalEnergies à "un plafonnement généreux des prix à la pompe" pour redistribuer les profits supplémentaires réalisés grâce à la flambée des cours du brut, selon des déclarations rapportées par la Tribune Dimanche.
TotalEnergies a annoncé mercredi de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d'euros), soit une hausse de 51% sur un an et un doublement par rapport au 4e trimestre 2025.
En conséquence, et si la crise devait se prolonger, le PDG a précisé qu'il était "fort probable" que son groupe soit éligible en 2026 à la surtaxe sur les multinationales instaurée en 2025, en raison des marges exceptionnelles de son activité de raffinage depuis le début de la guerre.
Cette surtaxe sur les grandes entreprises, mise en place par le gouvernement en 2025 et reconduite pour l'année 2026, s'applique aux entreprises ayant un chiffre d'affaires d'au moins 1,5 milliard d'euros. Mais le géant pétrolier n'y était pas soumis au titre de l'année 2025 car cette activité était déficitaire en France.
Le PDG a aussi précisé ses propos alarmistes de fin avril sur une "ère de pénurie énergétique" si le blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran durait encore "deux ou trois mois". "Je n’ai jamais parlé de pénurie en France parce que justement nous saurons l’approvisionner", a-t-il assuré.
Il n'y aura pas de manque de carburant en France mais "cela aura un coût plus élevé", puisque "nous devrons acheminer des carburants en concurrence avec l'Asie vers la France, donc en payant plus cher", a-t-il toutefois prévenu.