En dédicace à ThilKastendeuch, une légende du FC Metz se raconte

Jérôme Didelot
Il incarnait l’esprit des grenats à lui tout seul. L’ancien capitaine du FC Metz, Sylvain Kastendeuch, était à Thil ce samedi 7 mars pour la promotion d’une autobiographie d’une rare honnêteté, bien entouré pas quelques anciennes gloires du club.

La salle bondée du café le Pénalty ressemblait un peu à un vestiaire de foot des années 80 ce samedi matin. Ici, Bernard Zénier qui chambre ses anciens partenaires du FC Metz, plus loin Stéphane Borbiconi qui plaisante avec Carmelo Micciche.

Ce moment chaleureux est à mettre au crédit de Stéphan Brusco, maire de Thil et patron du bar, heureux de rendre hommage à une légende du sport lorrain : “Sylvain Kastendeuch , c’est le capitaine emblématique du FC Metz. C’est une personnalité très attachante, un homme de lettres, un homme cultivé. Et je pense que parfois dans le football, on oublie aussi que ces personnes ont réussi non pas seulement par leurs qualités footballistiques, mais par leurs qualités intellectuelles. Et je pense que c’est ce qui fait la force de Sylvain Kastendeuch, en tout cas c’est ce qu’il dégage.

L’homme aux quelque sept-cent matchs professionnels sur deux décennies, qui n’a récolté aucun carton rouge au cours de sa carrière exemplaire, a mis du temps à se décider à se raconter : “J’avais cette idée depuis longtemps, puisque j’avais connu une carrière assez riche en événements et en expériences. Donc l’idée, c’était témoigner, comme le font quelques sportifs de haut niveau. Mais je n’ai jamais eu le temps jusque-là. Et puis j’ai rencontré Pierre Théobald, avec qui j’ai coécrit ce livre. Parce que c’est vrai que je me suis rendu compte qu’écrire un livre, c’était un métier et qu’il fallait s’appuyer sur un spécialiste.

“J’ai eu énormément de plaisir à côtoyer les joueurs luxembourgeois”

Et il y avait de la matière : une aventure de 15 ans avec les grenats mais également un passage à Saint-Etienne (trois saisons) et un autre Toulouse (une saison), sans oublier un prêt au Red Star, en deuxième division, au début de sa carrière. Sylvain Kastendeuch, c’est aussi neuf sélections en équipe de France, expérience éphémère car un certain Michel Platini lui dit un jour qu’il n’avait pas le physique suffisant pour le haut niveau.

Peu importe, le défenseur central accomplit de grandes choses avec le FC Metz (Coupe de France 1988, coupe de la Ligue 1996 et un titre de quasi-champion de France en 1998, seulement battu à la différence de buts par Lens), parfois entouré de joueurs luxembourgeois : “ C’est vrai que j’ai eu énormément de plaisir à côtoyer les joueurs luxembourgeois avec lesquels j’ai joué, je pense à Robby Langers, à Jeff Strasser, entre autres. Et c’est vrai que c’étaient des garçons très attachants, très volontaires et avec qui j’ai gardé des bons rapports, donc il y a ce lien-là déjà avec le Luxembourg. Et puis il y avait cette proximité avec les supporters qui venaient en nombre.”

Aujourd’hui le retraité du football regrette la distance qui s’est installée entre le club de Ligue 1 et le Grand-Duché : “Je peux déplorer, en tout cas vu de l’extérieur, que ces liens avec le Luxembourg, notamment à travers le fait de faire venir des joueurs ou d’inciter les supporters luxembourgeois à venir au stade, ça s’est un peu perdu, j’ai l’impression. Encore une fois, c’est un jugement de l’extérieur. Mais je pense que ça mériterait en tout cas une attention et des liens renforcés. J’ai rencontré il n’y a pas longtemps Thomas Gilgemann, qui est le président du Progrès Niederkorn, avec qui on a eu justement un petit débat. Et je sentais de sa part en effet cette frustration par rapport au fait que les liens pouvaient s’améliorer.

Même si on a pu ressentir un brin d’amertume dans ces propos, rien ne pouvait ternir la convivialité de cette matinée pour Sylvain Kastendeuch : “Il y a une chaleur humaine, là, des copains qui sont venus ce matin, je ne m’y attendais pas. Donc, c’est vrai que ça fait vraiment chaud au cœur, dans une période où les choses ne sont faciles pour personne, en fait, de se retrouver comme ça, ce samedi matin ici à Thil, dans ce bar, le Penalty, avec Stéphan Brusco. C’est vraiment un très bon moment pour moi et je pense pour les copains.”

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