Il y a 70 ans, Michèle Arnaud entonnait Ne crois pas depuis un auditorium de Lugano en Suisse, marquant le début de la fructueuse histoire du Luxembourg à l’Eurovision. Fructueuse car le pays va gagner cinq fois la compétition (1961, 1965, 1972, 1973, 1983) avant de se retirer en 1993. Après une absence de plus de 30 ans, le Grand-Duché est revenu aux affaires en 2024, avec l’ambition de mettre en lumière des talents locaux. Pour cette édition 2026, ce sera la jeune Eva Marija, 20 ans.
Dans le studio de Cosmopoly pour évoquer l’impact de ce retour plus de deux ans plus tard :
Elisabeth Conter, cheffe de délégation du Grand-Duché
Laura Thorn, représentante du Luxembourg lors de l’Eurovision 2025
Laurent du Luxembourg, grand fan du concours de chanson et artiste
L’humoriste Jérôme Beck était également de la partie, de même que Caroline de Plaen et Raphaël Ferber de la rédaction de RTL infos.

Elisabeth Conter est revenue sur cette année douloureuse pour les fans quand le Luxembourg a quitté le concours : “C’est une période où l’Eurovision est un peu en grand chamboulement. C’est aussi la période où les pays de l’Est rejoignent l’aventure. Donc il y a de plus en plus de pays qui participent. Les pays historiques s’y retrouvent peut-être finalement moins que les nouveaux pays pour qui cette idée européenne a beaucoup de sens. Et le Luxembourg a fini dans les derniers plusieurs années de suite, notamment en 93 où c’était vraiment tout au fond. Et du coup, on n’avait même pas le droit de participer l’année suivante avec le règlement de l’époque. Par la suite, le pays s’est donné d’autres priorités.”
À l’occasion du retour en 2024, le Luxembourg opte pour un concours qui aboutit sur une finale nationale pour désigner le candidat, le Luxembourg Song Contest, remporté par Laura Thorn en 2025 : “Moi, je trouve ça super qu’on ait opté pour une finale nationale parce que c’est quand même une grande visibilité pour les artistes et pas seulement pour celui qui gagne.”

Au départ, l’enseignante de solfège au Conservatoire d’Esch ne se reconnaissait pas dans la chanson qu’on lui avait proposée, La poupée monte le son. Avec le recul, elle ne regrette pas d’avoir relevé le défi : “C’est une chance énorme, Je n’ai rien demandé, On m’offre tout ça sur un plateau, on ne dit pas non à une chose comme ça. Et au final, c’est devenu ma chanson et je l’adore.”
Durant l’émission, Laura Thorn, en plus de nous avoir partagé son expérience mémorable, s’est prêtée au jeu d’un blind test Eurovision concocté par Raphaël Ferber.
Laurent du Luxembourg s’était fait remarquer il y a quelques années au sein d’une troupe de drag queens, la Fada’s Family, avant de se lancer en tant que chanteur. Ce dernier avait marqué les esprits sur RTL télé avec une reprise de My Way, Laurent du Luxembourg a par ailleurs participé aux sélections du LSC. Même s’il n’a pas été sélectionné, il a adoré l’expérience : “On a cette plateforme, non seulement nationale mais internationale. On sait, en tant que musiciens, producteurs, qu’on a cette voie, ici à RTL mais aussi dans les songwriting camps organisés dans le pays. Ça a été un big bang en fait pour une nouvelle génération.”
Jérôme Beck est revenu avec beaucoup d’ironie sur le palmarès luxembourgeois : “Ce qui m’agace avec l’Eurovision, c’est quand on me dit : Ah mais vous, les Lulu, avec vos cinq victoires, c’est pas la peine de la ramener, vous n’avez fait qu’embaucher des stars internationales [...] Eh non, on n’a pas fait qu’embaucher des champions de la chanson. Vous voulez un exemple, évidemment. Bah oui, allons-y : 1987, Plastic Bertrand ! Non mais c’était quoi le délire ? Il y avait un trou dans le budget cette année-là ?”

Quant à Caroline de Plaen, notre “community manager” nous a expliqué comment les réseaux ont changé le concours de chanson : “Un extrait de quinze secondes d’une performance a plus parfois d’impact ou devient plus viral qu’une prestation complète en direct. En fait, les réseaux ont complètement transformé la temporalité du concours. Avant tout se jouait le soir de la finale de l’Eurovision. Aujourd’hui, la compétition commence dès l’annonce des artistes, les fans analysent les chansons, scrutent les répétitions, commentent les looks, créent des mèmes, lancent des tendances. Ils ouvrent même des comptes fans !”
Rendez-vous le jeudi 14 mai à Vienne pour la demi-finale à laquelle participera la lauréate du LSC 2026, Eva Marija avec sa chanson Mother Nature.
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Découvrez le nouveau single de Laura Thorn, Not On Me
Retrouvez Jérôme Beck sur scène :
Samedi 28 février 20h - Differdange au M-Tiss Café Culturel
Mercredi 4 mars 20h - Esch Belval au MK Bar
Jeudi 12 mars 20h - Première partie de Alex et Greg au De Gudde Wëllen à Lux-City
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