
Avec près de 70.000 véhicules comptabilisés dans les deux sens à la frontière, l’autoroute A31 est arrivée à ses limites. En particulier aux heures de pointe, où les deux voies ne permettent pas d’écouler le trafic.
Jean Doll, responsable du centre de gestion du trafic de la DIR Est, confirme que le nombre de véhicules n’a pas cessé de croître ces dernières années: “On comptait environ 60.000 véhicules en 2015 alors qu’on s’approchait des 70.000 en 2018" dénombre-t-il au niveau de la frontière pour RTL 5minutes. La hausse est même plus forte sur l’A30, en direction de Longwy: +20% de trafic sur la même période.
Contrairement au ressenti que pourraient avoir les usagers, ce ne sont pas les poids lourds qui sont la source de cet encombrement de la circulation mais bien les voitures. “Le trafic poids lourd n’a presque pas bougé” confirme Jean Doll.

De 5h à 9h du matin, plusieurs situations se présentent sur la section française de l’autoroute, entre le triangle de la Fensch et la frontière luxembourgeoise.
Lors d’une journée sans incident de circulation, le trafic est d’abord dense mais fluide jusqu’à environ 5h30 le matin, avant le pic de fréquentation. “On bascule vers un trafic congestionné entre 6h et 7h. Et une fois que le bouchon est là, c’est trop tard, le temps de trajet va rapidement augmenter” constate-t-il en consultant ses données. Il faut attendre après 7h pour que le flux de véhicules ne s’amenuise progressivement jusqu’à 9h. “Après 9h, on est de retour sur des conditions normales”. Tout en gardant à l’esprit que ces informations sont calculées sur des journées sans perturbations imprévues, comme des pannes ou des accidents, et qu’elles ne concernent que la partie française du trajet.
Dans le sens retour, entre la frontière luxembourgeoise et le raccord entre l’A30 et l’A31, la situation est complètement différente. “Le matin, le pic de circulation est plutôt concentré. En revanche le soir, le flux de circulation est plus étalé et plus constant” témoigne Jean Doll.
Le trafic s’intensifie avant 16h et jusqu’à 17h. On entre alors en période de saturation jusqu’à 18h30 environ, avant un nouvel allègement de 18h30 à 20h.
En semaine, les mercredis sont, sans grande surprise, un peu moins chargés. Les vendredis sont eux plus compliqués. Et sur l’année, la DIR Est constate une baisse du trafic pendant les vacances scolaires alors que les vendredis d’été sont généralement des journées de congestion.
Si de nombreux navetteurs misent désormais sur les outils de navigation comme Waze ou Google Maps, la DIR Est a pensé à ceux qui naviguaient à vue, sans assistance gps. “Nous avons renouvelé notre système d’annonce du temps de trafic implantés le long de l’A31, précise le responsable de gestion du trafic. Nous avons gagné en fiabilité et les temps de parcours sont désormais mis à jour et affichés à quelques minutes d’intervalle avec la circulation réelle.”
Enfonçons une porte ouverte: l’heure de pointe est une vraie sinécure sur l’A31. La DIR Est a calculé que le taux de congestion de celle du matin est de 64% environ. Avant la mise en place de la vitesse dynamique entre le triangle de la Fensch et la frontière (ce sont les panneaux qui affichent soit 110, soit 90 soit 70 km/h selon l’état du trafic), cette congestion était de 84%.
Le responsable de gestion du trafic nous confirme que la situation est légèrement meilleure pendant les heures de pointe (avec un temps de parcours réduit de six minutes), mais que les efforts de la DIR Est ont seulement permis de limiter une dégradation des conditions de voyage.
“On a gagné en confort de conduite et les usagers utilisent mieux la voie lente” note-t-il, tout en admettant que cela reste difficile à percevoir une fois lancé dans le trafic, qui ne cesse de grandir. Et avec les projections de croissance du Luxembourg, on risque de passer encore beaucoup de temps sur l’A31.