
La centrale de Cattenom a beau être relativement jeune (ses quatre réacteurs ont environ trente ans) et être située dans une zone sismique à faible risque, loin des côtes, le Luxembourg ne l’apprécie pas. Voire même pas du tout.
Implantés sur la commune du même nom entre les années 80 et 90, les quatre réacteurs ont changé la donne. Ceux de Chooz, Tihange et Doel, plus distants, sont également surveillés.
En France, plus de 70 communes dans un rayon de vingt kilomètres autour de la centrale mosellane ont intégré une zone de distribution de pastilles d’iode. Une zone qui, contrairement à un certain nuage dans les années 80, s’arrête à la frontière. Au-delà, c’est au Luxembourg de s’adapter.
Dans une réponse à une question parlementaire du député Mars Di Bartolomeo (LSAP), le ministre de la Santé Etienne Schneider précise qu’aujourd’hui, les lois européennes “laissent une importante marge de manoeuvre” en cas d’urgence nucléaire. Comprenez que chacun se prépare comme bon lui semble et que la question transfrontalière est aujourd’hui encore à améliorer. “Les populations se sentiraient inégalement protégées en fonction du lieu où elles habitent” estime le ministre.
En 2014, l’Etat a lancé une campagne de pré-distribution de pastilles d’iode et des courriers d’information aux résidents. “Les établissements scolaires et les structures d’accueil disposent d’un stock suffisant en comprimés” rassure Etienne Schneider. Il en va de même pour les autorités communales. Et les jeunes parents reçoivent eux aussi une boîte directement à la maternité. Mieux, “les nouvelles consignes françaises sont déjà d’application au Luxembourg” ajoute-t-il. Un constat également valable vis-à-vis des voisins belges et allemands.
La protection passe aussi par la prévention, soutient le ministre. Les actions à suivre en cas de crise sont disponibles sur le site infocrise.lu, dans une brochure disponible en français, luxembourgeois, anglais, allemand et portugais.
Dans ce document, l’Etat reconnaît lui-même que la distance entre Cattenom et le territoire national fait que “des irradiations importantes sont très peu probables” mais évoque exclusivement la centrale française comme potentielle menace, sans mentionner celles implantées un peu plus loin.