Dans nos régionsSalade en sachet: pourquoi certains rayons sont parfois vides

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Depuis plusieurs jours, les supermarchés tournent au ralenti sur un produit pourtant banal : la salade en sachet.
© ADRIEN NOWAK/Hans Lucas via AFP

Roquette, mâche, jeunes pousses… ces incontournables de la “quatrième gamme” ont quasiment disparu des étals. Selon les enseignes, la moitié à plus des deux tiers de l’offre habituelle manque, et ceux qui espèrent encore trouver un sachet en fin de journée repartent souvent bredouilles, comme le soulignent nos collègues de RTL France.

Derrière ces rayons clairsemés, un responsable évident : la canicule et la sécheresse. La salade, composée à 95% d’eau, ne tolère pas les températures extrêmes. Ses feuilles fines se déshydratent, se flétrissent, et deviennent invendables en quelques heures. Et certaines variétés, comme la mâche ou les jeunes pousses, sont encore plus vulnérables : cultivées sur des sols sablonneux, elles subissent de plein fouet la chaleur qui bloque leur croissance. Résultat : la production s’est effondrée.

Tomates ou pommes en souffrance, prairies grillées, ponte au ralenti: l'agriculture paye un lourd tribut aux canicules et à la sécheresse qui ont frappé le pays cet été, avec encore des incertitudes sur les conséquences en termes de coûts de production ou de prix.

La ministre française Annie Genevard réunira jeudi les préfets "de toute la France", par visioconférence, pour un état des lieux des pertes, avant de dévoiler le 3 septembre un plan avec des mesures d'urgence.

Des usines à l’arrêt, des rayons qui se vident

Avec des cultures incapables de se développer, les usines de conditionnement n’ont tout simplement plus assez de volumes pour alimenter les distributeurs. La chaîne se grippe : moins de récoltes, moins de sachets produits, moins de marchandises livrées. Les supermarchés se retrouvent en bout de course, avec des rayons qui ne se remplissent plus.

Dans cette période de tension, les industriels ont fait un choix stratégique : priorité aux clients qui paient le plus cher. Les chaînes de fast‑food, pour lesquelles la salade est un ingrédient indispensable, ont été servies avant la grande distribution. Certaines usines ont même dû importer des salades depuis la Pologne ou d’autres pays d’Europe de l’Est, où la météo permettait encore de produire.

Un retour à la normale… mais pas tout de suite

Même si les températures redescendent, la situation ne peut pas se rétablir du jour au lendemain. Une fois les plants repiqués, il faut entre quatre et six semaines pour obtenir une salade prête à être récoltée. Autrement dit, les rayons ne retrouveront pas leur niveau habituel avant plusieurs semaines.

La salade en sachet appartient à la quatrième gamme, celle des produits frais prêts à l’emploi : lavés, triés, conditionnés. La première gamme, ce sont les produits bruts (comme des épinards frais). La deuxième, les conserves. La troisième, les surgelés. La cinquième, les produits déjà cuits.

La quatrième gamme, elle, dépend d’une chaîne ultra‑réactive… qui s’effondre dès que la météo déraille.

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