
Conflit au Moyen-Orient, inflation généralisée, sécheresse historique... L'économie mondiale est entraînée dans de fortes turbulences ! Mais le Luxembourg parvient à garder le cap, constate le Statec dans sa dernière note "Conjoncture Flash" publiée ce mardi.
"Des signaux plutôt positifs sont à noter du côté de la consommation des ménages", rapporte le Statec, notamment avec une nette remontée des immatriculations de voitures neuves. Le niveau des indicateurs de confiance des entreprises s'est un peu redressé au début de l'été 2026. La production industrielle a quant à elle progressé pour le 3e mois consécutif en mai et celle de la construction continue à suivre sur le même mois la tendance légèrement ascendante débutée à la fin de 2025. Du côté des services non financiers, les résultats de production (chiffre d’affaires en volume), disponibles pour avril et mai, sont plus mitigés : ça va mieux du côté des branches transports et entreposage, l’Horeca et activités immobilières, mais ça recule du côté des services d’information et communication et des services aux entreprises.
Il n'a évidemment pas échappé au Statec que le Luxembourg a subi une sécheresse exceptionnelle, dont "les conséquences sur l’activité économique sont pour le moment difficiles à évaluer", notamment au niveau industriel et agricole. La faiblesse des rendements de certains productions pourrait impacter à la hausse les prix de l'alimentation. Si cette inflation alimentaire est restée modérée les derniers mois, les sécheresses, les difficultés de transport sur le Rhin et le Danube, ou encore la hausse des engrais à cause de la fermeture du détroit d'Ormuz vont avoir des effets négatifs. Sans oublier que les prévisions inquiétantes sur un épisode El Niño de forte à très forte intensité d’ici la fin de l’année, qui pourrait accentuer les tensions sur les matières premières agricoles. Dans ce contexte, le Statec prévoit une inflation alimentaire de 2.1% en 2026, qui remonterait à 2.4% en 2027.
Les prix des restaurants, qui avaient fortement augmenté en 2022 et 2023, continuent d'augmenter chaque année. La hausse était encore limitée à 3% en 2025, mais elle a depuis rejoint celle de la zone euro, atteignant 3.9% en juillet.
On notera aussi que les prix observés de la construction, après avoir explosé en 2021-2023, avaient ralenti en 2024. Ils réaccélèrent graduellement depuis le début de 2025. Ainsi, les prix de la construction augmentent de 2.7% sur un an au 2e trimestre 2026, après 2% à la fin de 2025. Ces prix observés corrèlent bien, avec un certain retard, avec les évolutions anticipées issues des enquêtes de conjoncture, qui pointent vers une accélération supplémentaire à venir.
Quant à la prochaine indexation, elle s'éloigne comme prévu. Dans une précédente publication, le Statec ne tablait désormais plus que sur une inflation de 1,8% pour cette année, contre 2,5% précédemment. Et pour 2027, une hausse des prix de 2,1 % est annoncée. Après l'index du 1er juin 2026, le prochain est donc désormais prévu pour le 3e trimestre 2027.