
L’ASBL Sauvons Bambi est active depuis de nombreuses années dans la mise en sécurité des faons afin de les protéger des machines agricoles. Lorsque les animaux sont happés par ces engins, ils meurent dans des conditions particulièrement atroces. Souvent, ils ne succombent pas immédiatement, mais restent, grièvement blessés, à souffrir et à agoniser pendant des heures.
Il n’est pas seulement dans l’intérêt de l’animal d’éviter cela, mais aussi dans celui de l’agriculteur. Si ce dernier ne remarque pas qu’un animal a été pris dans une machine, les restes de la bête peuvent se retrouver mélangés au fourrage. Cela entraîne la formation de gaz toxiques, qui peuvent également rendre malade le bétail de l’éleveur. Tout cela peut toutefois être évité si l’agriculteur prévient avant de commencer la fauche. L’application Bambimap.lu permet de connecter les agriculteurs et les équipes de sauvetage.
Jacques Schroeder, de l’ASBL Sauvons Bambi, explique : "Au Luxembourg, c’est très simple, car toutes les parcelles sont identifiées par un code. Dès que nous recevons les informations nécessaires, nous les intégrons au système. À partir de là, n’importe quel pilote peut ouvrir l’application, voir quelles missions sont disponibles et s’attribuer une mission." Jacques Schroeder parle ici des pilotes de drones, car ce sont les drones qui permettent de repérer les jeunes animaux cachés dans les hautes herbes.
Ces nouvelles possibilités techniques sont avant tout destinées aux agriculteurs et aux chasseurs, qui participent également à la mise en sécurité des faons, mais bien entendu, tout le monde peut se porter volontaire, explique le président de Sauvons Bambi. Bien souvent, c’est simplement grâce à la vigilance des gens que des animaux peuvent être secourus.
Jacques Schroeder se souvient ainsi qu’il y a quelques semaines, son association a été informée qu’une chevrette, qui avait du lait dans les mamelles, avait été percutée par un véhicule. "À ce moment-là, nous nous rendons sur place et recherchons les petits dans les champs environnants. Cette année, par exemple, nous avons trouvé deux faons qui n’avaient plus leur mère."
Si vous trouvez vous-même un faon quelque part,et cela vaut d’ailleurs aussi pour d’autres animaux sauvages, vous ne devez en aucun cas le toucher. Souvent, la mère est simplement partie chercher de la nourriture. Et si ses petits ont été manipulés par un être humain, le risque est très grand qu’elle ne les accepte plus et qu’ils meurent de faim.
Certains réclament qu’il soit obligatoire pour les agriculteurs de déclarer leurs parcelles avant de les faucher. Pour la ministre luxembourgeoise de l’Agriculture, Martine Hansen, ce n’est pas réaliste : "Actuellement, nous ne disposons tout simplement pas de moyens suffisants pour cela. Nous n’avons pas assez de pilotes de drones. Ce qui est important, en revanche, et que nous avons réussi à mettre en place, c’est de réunir les différents acteurs concernés. Chacun ne travaille plus dans son coin."
Cette année, les chasseurs ont déjà survolé environ 14.000 hectares de terres, tandis que l’association Sauvons Bambi en a couvert entre 5.000 et 6.000 hectares. Selon Martine Hansen, des efforts seront encore faits pour augmenter ces chiffres, car l’objectif à long terme est que chacun fasse contrôler ses surfaces avant la fauche.