
"Je regrette que, jusqu’à présent, la Chambre n’ait reçu absolument aucune information. Dans un tel contexte, il est important de communiquer clairement, car lorsqu’on ne dit rien, on laisse la porte ouverte à la panique au sein de la population", a déclaré Liz Braz mercredi matin sur RTL, en évoquant les récents incidents impliquant des drones. La députée LSAP regrette le manque de transparence du gouvernement sur ce sujet, ajoutant que "cela s’inscrit dans la manière de gérer la communication de crise que nous connaissons déjà de la part du gouvernement".
En ce qui concerne la réforme fiscale, le LSAP réclame depuis longtemps déjà une individualisation de l’imposition. "Nous l’avions également inscrite dans l’accord de coalition lorsque nous étions dans la coalition à trois. Malheureusement, c’est le DP qui l’a systématiquement bloquée", rappelle Liz Braz.
Mais le parti n’est pas satisfait de la manière dont la coalition CSV-DP l’envisage actuellement. "Ce n'est pas une réforme fiscale, c'est une politique de l’arrosoir", sans véritables priorités. Tout le monde bénéficiera d’un allègement fiscal. "Et malheureusement, la situation économique actuelle ne permet pas de dire que tout le monde peut tout simplement recevoir davantage. C’est pourquoi, en tant que responsable politique, il faut agir de manière raisonnable et dire : nous devons maintenant fixer des priorités politiques."
L'élue socialiste rejette la critique du DP selon laquelle le LSAP n'apprécie pas les allègements fiscaux : "Bien entendu, nous soutenons les mesures qui permettent d’alléger la charge des citoyens, mais nous les soutenons encore davantage lorsque ces allègements sont ciblés. Il faut vraiment qu’ils bénéficient de manière ciblée à ceux qui en ont le plus besoin." Et Liz Braz de citer les particuliers aux revenus faibles ou moyens, mais surtout à ceux qui sont les plus exposés au risque de pauvreté, en particulier les parents isolés.
Selon Liz Braz, la réforme envisagée "bénéficiera surtout, et dans une très large mesure, aux très hauts revenus, alors que la famille n’y a plus aucune place". Pour elle, ce n'est pas la bonne voie.
Concernant les rumeurs selon lesquelles Liz Braz envisagerait éventuellement de changer de parti, l'élue socialiste a affirmé qu’elles étaient sans fondement. Une telle démarche ne l’intéresse pas. Elle est "très satisfaite là où elle se trouve" et s’y sent tout à fait bien. "À aucun moment", elle n’a cherché à engager des discussions en vue de quitter le LSAP.
En juin, il y a eu quelques remous à propos de la politique d’asile. "Nous avons simplement eu une divergence, le jour même, sur la manière dont nous devions voter. C’était parce que nous n’étions pas suffisamment bien préparés en interne à cette discussion. Mais nous en avons tiré les leçons et cela ne nous arrivera plus."
Liz Braz est considérée comme appartenant à "l’aile centriste" du parti, une étiquette qui lui convient. Elle "partage les valeurs du parti" et se définit comme "profondément sociale-démocrate".
La députée ne restera pas au conseil communal d'Esch-sur-Alzette. Elle déménage l’année prochaine à Luxembourg-Ville et elle devra donc renoncer à son mandat de conseillère communale, comme elle l’a confirmé mercredi sur RTL. Elle participera à sa dernière séance du conseil communal d’Esch en décembre.
Interrogée quant à savoir si elle se présentera dans la circonscription Centre lors des prochaines élections législatives, Liz Braz a répondu que "c'est encore loin". Elle devra aussi voir "comment les habitants de la capitale accueilleront une extraterrestre venue d’Esch". Si, d’ici là, elle a "toujours envie de faire de la politique", elle se tiendra "à la disposition de son parti". Mais ce n’est pas elle qui en décidera.