
Cette année, le Centre de formation pour conducteurs (CFC) de Colmar-Berg fête son 30e anniversaire. Depuis sa création, des dizaines de milliers de conducteurs y sont passés, que ce soit pour suivre le stage obligatoire ou pour récupérer des points sur leur permis de conduire. Ce travail a porté ses fruits, a estimé jeudi sur RTL Paul Schmit, ancien président du CFC.
S'il est encore trop tôt pour parler d'"un résultat positif, car un seul décès sur la route est déjà un de trop, l'évolution est positive", a convenu Paul Schmit. Alors que l'on dénombrait 132 accidents mortels en 1970, on n'en a compté "que" 29 l'année dernière, soit une baisse de 80 %. En 1996, année d'ouverture du Centre de formation pour conducteurs, on déplorait encore 70 décès sur les routes luxembourgeoises. En énumérant ces chiffres, Paul Schmit souligne toutefois que cette évolution positive ne doit pas être attribuée uniquement au centre ; elle résulte d'une combinaison de facteurs, notamment la qualité du réseau routier, les équipements techniques des véhicules, la rapidité des secours et le cadre législatif.
Les personnes ayant passé leur permis de conduire au Luxembourg doivent se rendre à Colmar-Berg dans les deux années suivant cette obtention, tout comme celles qui ont perdu la totalité de leurs 12 points et souhaitent récupérer leur permis, ou encore celles souhaitant récupérer trois points perdus. Paul Schmit, ancien président de longue date du CFC, rejette l'allégation selon laquelle l'État permettrait ainsi à une entreprise privée de s'enrichir.
"Tout d'abord, je pense qu'à une seule exception près, aucun dividende n'a jamais été versé ; cela signifie que tous les bénéfices réalisés ont été directement réinvestis dans le site. Et lorsque j'examine les chiffres de l'année dernière, nous avons enregistré une marge bénéficiaire de 5 % après impôts. Je ne pense pas que ce soit excessif."
En ce qui concerne l'avenir, Paul Schmit plaide pour une approche plus stricte à l'égard des conducteurs participant aux cours de récupération de points, car leur comportement laisse parfois à désirer.
"La plupart d'entre eux sont corrects : ils viennent et réalisent qu'il est intéressant de ne pas passer cette journée à flemmarder, mais plutôt à apprendre quelque chose. Mais il y en a quelques-uns qui perturbent gravement le cours par leur comportement, en dérangeant les autres avec leur téléphone portable ou en manifestant, par leur attitude, un désintérêt total pour ce qui se dit."
Dans ce contexte, la simple présence au cours ne devrait plus constituer le seul critère pour récupérer des points. La ministre de la Mobilité, Yuriko Backes, a déjà fait part de sa volonté d'évoluer dans ce sens.