Président de la fraction CSVLaurent Zeimet défend l'accord tripartite

Pierre Jans
adapté pour RTL Infos
Depuis la semaine dernière, le président du groupe parlementaire CSV, Laurent Zeimet, préside la Commission spéciale "Tripartite". Invité de la rédaction de RTL ce lundi matin, il a défendu le Premier ministre Luc Frieden et a également commenté la canicule.
© Pierre Jans

Selon Laurent Zeimet, la mission de la Commission spéciale Tripartite est d’élaborer des textes de loi sur base de l’accord conclu entre le gouvernement et les partenaires sociaux.
Sa mission n'est pas de revenir sur le déroulement ou le contenu de la Tripartite elle-même. La semaine dernière, Sam Tanson, élue déi gréng, avait reproché aux partis de la majorité d’avoir bloqué, au sein de la commission, toute discussion sur les mesures décidées lors de la Tripartite. Laurent Zeimet peut comprendre que les députés, en particulier ceux de l’opposition, souhaitent examiner de manière critique les travaux du gouvernement. Mais dans le cadre du format tripartite, souligne-t-il, c’est le gouvernement qui négocie l’accord avec les partenaires sociaux. En tant que député, il reste certes possible de voter contre les projets de loi, mais il faut alors aussi en assumer les conséquences, puisque les mesures concernées risquent de ne pas pouvoir être mises en œuvre. Le chef de groupe CSV estime qu’une telle situation porterait également atteinte au dialogue social.

Les premiers textes, parmi les seize au total, devront être soumis au vote en séance plénière avant les vacances d’été.

Les moyens financiers sont là

L’aide accordée sur le prix de l’essence et du diesel n’est effectivement pas totalement durable du point de vue de la lutte contre le dérèglement climatique, reconnaît le président du groupe parlementaire CSV. Toutefois, les 5 centimes par litre pris en charge par l’État pour l’essence et le diesel constituent une mesure destinée à freiner l’inflation. Laurent Zeimet a également souligné que cette aide disparaîtrait si les prix à la pompe revenaient au niveau d’avant la guerre, en février. Il reste cependant prudent : l’accord entre les États-Unis et l’Iran est encore en cours de négociation et la fin du conflit n’est pas encore garantie à cent pour cent.

Les moyens financiers nécessaires pour couvrir les 450 millions d’euros que le "paquet de résilience" coûtera au cours des deux prochaines années sont, selon lui, bien disponibles. Les recettes publiques évoluent favorablement, comme l’a expliqué le ministre des Finances. Laurent Zeimet espère que cette situation se maintiendra.

Éloges pour Frieden et Roth, critiques envers le ministre d’État honoraire

Laurent Zeimet a défendu le Premier ministre, son collègue de parti du CSV. Selon lui, c’est un homme qui réfléchit avant d’agir, une qualité qu’il apprécie particulièrement chez Luc Frieden. D’après le chef du groupe parlementaire CSV, Luc Frieden avait évidemment besoin de l’accord tripartite et il a "tout mis en œuvre" pour que la Tripartite soit un succès. Les citoyens lui en sauront gré, estime-t-il. Cela pourrait également se refléter dans les prochains sondages.

Le ministre des Finances, Gilles Roth, qui s’était classé juste devant le Premier ministre en matière de compétence et de popularité lors du dernier Politmonitor, a lui aussi reçu les éloges de Laurent Zeimet.

Le ministre d’État honoraire et ancien président de la Commission européenne, Jean‑Claude Juncker, avait analysé de manière critique le travail du gouvernement actuel la semaine dernière dans l’émission Background de RTL. Il avait notamment déclaré que le "S" pour social dans le nom du CSV semblait actuellement un peu trop discret. Jean‑Claude Juncker avait également remis en question le fait que Luc Frieden cumule les fonctions de Premier ministre et de président du CSV. La réaction de Laurent Zeimet est sans équivoque : selon lui, un ancien Premier ministre ne devrait plus trop commenter ce que fait son successeur.

"L'écharpe tient vraiment très chaud"

Laurent Zeimet s'est référé à l’autonomie communale en ce qui concerne la gestion des épisodes de chaleur. Selon lui, cette responsabilité n’est pas toujours simple à assumer pour les autorités communales. Il estime qu’il faut décider au cas par cas si les infrastructures sont suffisamment fraîches pour permettre, par exemple, le maintien des cours dans les écoles. Si ce n’est pas le cas dans certaines localités, l’ancien bourgmestre de Bettembourg considère qu’il est légitime de libérer les élèves l’après-midi.

Il ne faut pas céder à la panique en raison de l’alerte rouge, selon le président de la fraction CSV. Le changement climatique est manifeste. C’est pourquoi le pays et ses responsables politiques doivent s’adapter progressivement, mais de manière cohérente, à cette nouvelle réalité. Le mot-clé est la résilience. Dans cet esprit, il estime positif qu’une cellule de crise ait été mise en place pour évaluer les risques pendant cette période de canicule. Il précise néanmoins qu’il s’agit d’une cellule de crise et "pas d'une cellule de panique".

À l’occasion de la fête nationale, les députés sont également tenus de porter la tenue officielle, le frac, lors de la cérémonie civile à la Philharmonie. Mais c’est surtout l’écharpe officielle qui, selon Laurent Zeimet, "tient vraiment très chaud", a-t-il plaisanté. Toutefois, c’est ainsi que les choses sont, et il a rappelé qu’il existe des personnes confrontées à des difficultés bien plus importantes.

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