Un 1er mai brûlant au Luxembourg“Le Premier ministre n’est pas de notre côté”

Jérôme Didelot
Derrière le soleil radieux de ce 1er mai au Luxembourg, un gros nuage de colère se cachait dans l’esprit des militants de l'OGBL rassemblés à l’abbaye de Neumünster. Réactions en vidéo.

Pendant longtemps, pour ses voisins, le Luxembourg est passé pour un pays où l’on privilégie le dialogue social, un pays de consensus. Mais lorsqu’on tend un micro aux sympathisants du syndicat OGBL venus au traditionnel rassemblement du 1er mai ce vendredi à l’abbaye de Neumünster, on peut supposer que les choses ont changé.

Je dirais que oui, affirme cette femme. Actuellement, comme on vit dans une situation où les différences deviennent de plus en plus grandes, c'est quand même très difficile de trouver un point commun.”

“Le modèle social n'est plus respecté”

Plus loin, un militant est plus virulent : “Le climat social, ici au Luxembourg, est absolument à terre. Parce qu'il n’y a plus personne qui écoute les syndicats et également le patronat. Le gouvernement fait ce qu'il veut. Le dialogue social n'existe plus. Le modèle social n'est plus respecté, ni par les employeurs, ni par le gouvernement.

Alors qu’elles attendaient le discours de Nora Back, la présidente du syndicat OGBL, qui a dénoncé un gouvernement "anti-salariés", les personnes présentes avaient un responsable en tête, à l’instar de cette militante : “Je pense que le Luxembourg va très mal. J'aimerais bien qu'on change quelque chose et c'est au Premier ministre de faire quelque chose. Je pense qu'il n'est pas de notre côté.

Même son de cloche chez cette salariée : “Le gouvernement a beaucoup tendance à vouloir taper dans les privilèges, entre guillemets, privilèges sociaux qu'on a depuis très longtemps.”

Chose rare au Grand-Duché, le Premier ministre Luc Frieden, qui a tout de même fait l’effort de passer, s’est fait copieusement huer. Conséquence d’une situation compliquée que nous a décrite cette femme pourtant souriante : “Le climat est tendu. On sait qu'il y a beaucoup de frontaliers qui viennent travailler tous les jours, plus les gens qui habitent ici. Et le coût de la vie est devenu très compliqué avec les salaires actuels.”

L’annonce d’une tripartite peut donner un motif d’espoir à l’heure où l’on attend par exemple un effort plus conséquent sur la hausse du salaire social minimum. Mais le climat actuel pourrait faire basculer le pays dans une réalité à laquelle il a longtemps échappé, comme l’a bien expliqué cette militante : “On voit le Luxembourg comme un pays très riche, très beau, très propre. Mais le problème, c'est que la pauvreté, elle est vraiment là. Et ces gens-là, on n'y pense pas. On pense beaucoup aux banquiers, aux traders… Bon, voilà, à tous ces gens qui ont beaucoup de fortune, qui roulent tous avec des voitures de société, etc. Ça, c'est l'image qu'on veut donner du Luxembourg, mais en réalité, ce n'est pas ça du tout.

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