Raymond PetitLe sacrifice d’un jeune résistant a enfin son monument à Luxembourg

Marc Hoscheid
adapté pour RTL Infos
Au cœur de la place de l'Étoile, une nouvelle présence attire désormais le regard : une sculpture qui porte la mémoire d’un jeune homme dont le courage continue de traverser les générations.
© RTL

Raymond Petit, figure emblématique de la résistance luxembourgeoise, mort à seulement 22 ans pour ne pas tomber entre les mains de la Gestapo, a enfin son monument. Une manière pour la Ville de Luxembourg de rappeler ce que signifie résister, et ce que coûte la liberté lorsqu’elle est menacée.

La cérémonie de dévoilement a ramené 1940 au présent. Le pays venait d’être envahi par la Wehrmacht lorsque naît, à Echternach, la Ligue Patriotique Luxembourgeoise (LPL). Parmi ses membres fondateurs, le jeune Raymond Petit, engagé dans la distribution de tracts, l’aide aux fugitifs et la lutte contre les mesures imposées par l’occupant. Deux ans plus tard, encerclé dans une maison à Berdorf, il choisit de mettre fin à ses jours plutôt que de livrer ses camarades.

Un geste extrême, mais qui résume l’esprit d’une génération qui refusait de céder, même face à l’impensable.

Rappeler cette histoire n’est pas un exercice de nostalgie. C’est une nécessité.

Les témoins disparaissent, les récits s’estompent, et les enfants d’aujourd’hui ne peuvent plus imaginer ce que signifiait vivre sous la menace nazie. C’est précisément pour combler ce fossé que la ville de Luxembourg a voulu créer un lieu dédié à la mémoire de Raymond Petit et, à travers lui, à tous ceux qui ont refusé la soumission. Le choix de l’emplacement n’est pas anodin : la sculpture se dresse le long de la route d'Arlon, là où se trouvait autrefois la maison familiale. Le terrain devait être acquis pour le passage futur du tram, mais la famille n’a accepté qu’à une condition, celle de garantir une trace durable du sacrifice du jeune résistant.

Cette exigence a trouvé un écho immédiat. La bourgmestre Lydie Polfer l’a rappelé lors de la cérémonie : ce monument n’est pas seulement un hommage individuel, c’est un symbole national. Il incarne la reconnaissance envers celles et ceux qui ont permis au Luxembourg de rester un pays libre, indépendant et maître de son destin.

Le sculpteur chargé de concevoir l’œuvre n’est autre que le neveu du résistant, qui porte le même nom. Pour lui, créer ce monument relevait autant du devoir familial que de l’engagement artistique. Il a choisi une flamme, un flambeau, comme motif central. Une image simple, mais universelle, qui dit tout : la lumière qui ne s’éteint pas, la liberté qui se transmet, la vigilance qui demeure. La pièce, d’abord élaborée sous forme de maquette, a ensuite été agrandie, structurée, coulée et patinée jusqu’à devenir cette sculpture imposante qui s’intègre désormais au paysage urbain.

Le flambeau n’a pas encore trouvé son emplacement définitif. Lorsque la "Stäreplaz" sera réaménagée, une place portant le nom de Raymond Petit sera créée, et l’œuvre y sera installée. En attendant, elle reste visible à l’adresse symbolique de l’ancien domicile familial, accompagnée d’une plaque de la LPL qui rappelle les faits et le lieu où tout s’est joué.

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