Présent aussi au LuxembourgLe virus Shamonda fait une première victime humaine en France

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Le virus Shamonda, connu pour circuler chez des animaux d'élevage, a été détecté pour la première fois chez un être humain, un patient sévèrement immunodéprimé, décédé en France début octobre. Le virus avait été détecté au Luxembourg en août dernier.
Le virus Shamonda est connu pour circuler chez des animaux d'élevage.
Le virus Shamonda est connu pour circuler chez des animaux d'élevage.
© ATTA KENARE/AFP

Qu'est-ce que ce virus ?

Le virus Shamonda, de la famille des orthobunyavirus, est diffusé par des petits insectes piqueurs, comme des moucherons du genre culicoïdes. Il circule depuis des décennies chez des animaux d'élevage, les bovins étant considérés comme les hôtes principaux, et on le considérait jusqu'ici comme non transmissible aux humains.

Ce virus a été détecté pour la première fois au Nigeria au milieu des années 1960 et signalé de manière sporadique chez les bovins en Afrique de l'Ouest, de l'Est et australe, ainsi qu'au Japon, expliquent les ministères français de la Santé et de l'Agriculture.

Pour les bovins, les symptômes principaux sont diarrhée aiguë, fièvre, abattement et baisse de production laitière.

La maladie n'est pas réglementée et des questions persistent notamment sur les effets à long terme sur la fertilité des animaux.

Quand est-il arrivé en Europe, et au Luxembourg?

Le virus a été identifié pour la première fois en Europe, dont en France, fin juillet, et s'est depuis rapidement répandu. Selon le dernier bilan hebdomadaire de l'ESA (épidémiosurveillance en santé animale), 14 pays d'Europe de l'Ouest sont touchés. Au Luxembourg, le Shamonda a été identifié pour la première fois le 25 août dernier.

En France, le virus circule dans 52 départements chez les bovins et, dans une moindre mesure, chez les ovins dans deux départements et les équins dans un département.

La rapidité de cette émergence "apparaît liée aux conditions climatiques favorables aux insectes vecteurs", a jugé en août l'Institut public français de recherche pour l'agriculture (Inrae).

Comment s'est-il transmis à un humain ?

Le patient, décédé après avoir été pris en charge à Lyon (centre-est), constitue "la première détection documentée et rapportée du virus chez l'être humain".

Pour l'heure, l'hypothèse retenue pour expliquer la transmission est celle d'une contamination vectorielle, par la piqûre d'un moucheron de type culicoïde dans l'Est de la France. Ce territoire a rapporté une circulation du virus chez l'animal au printemps/été 2026, détaillent les autorités.

Les autorités n'ont pas donné de détails sur la profession de ce patient.

Y'a-t-il un risque sanitaire ?

Aucun risque sanitaire pour la "population générale" n'est identifié à ce jour, au regard des connaissances disponibles, insistent les autorités. Ils affirment qu'il s'agit d'un cas "exceptionnel survenu chez un patient fortement immunodéprimé".

"S'agissant du premier cas humain identifié, de nombreuses zones d'ombre subsistent", a relevé le professeur de neurologie Tom Solomon, directeur de "The Pandemic Institute" à Liverpool (Royaume-Uni) et de l'Unité de recherche britannique consacrée aux infections émergentes et zoonotiques, dans une réaction à l'organisme britannique Science Media Center (SMC).

Nous ignorons par exemple "si des personnes en bonne santé peuvent être infectées sans pour autant développer de symptômes, quels symptômes le virus est susceptible de provoquer en temps normal, ou encore avec quelle fréquence il peut entraîner une forme grave de la maladie", a-t-il énuméré.

S'il n'y a "pas lieu de céder à la panique", selon cet expert, cette contamination souligne "l'importance de la surveillance des infections émergentes", notamment "celles susceptibles d’affecter le cerveau".

Les autorités sanitaires françaises ont d'ores et déjà prévenu les instances sanitaires internationales, et les investigations "cliniques, biologiques et épidémiologiques" se poursuivent.

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