
"L’électricité doit rester moins chère que le gaz !" Dans le contexte de la tripartite, l’ancien ministre de l’Énergie Claude Turmes (déi Gréng) a appelé mardi matin, sur RTL, le gouvernement à garantir cela au moyen de subventions pour les trois à cinq prochaines années. Les ménages et les entreprises doivent avoir la certitude que la transition énergétique en vaut la peine. Une pompe à chaleur doit être plus avantageuse qu’un chauffage au gaz ou au mazout, et un camion électrique plus avantageux qu’un camion diesel.
"Ils ne font pas tout mal", a déclaré Claude Turmes à propos des ministres actuels. Le gouvernement CSV-DP a prolongé la participation de l’État aux coûts du réseau à hauteur de 150 millions d’euros pour au moins trois ans. En outre, le Premier ministre Luc Frieden a annoncé que le préfinancement public serait élargi aux installations photovoltaïques, aux voitures électriques et aux pompes à chaleur. Selon Claude Turmes, son successeur Lex Delles serait "bien briefé" par les mêmes personnes.
Celui qui était ministre de l’Énergie lors de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, et qui a participé à une table ronde consacrée à l'énergie ainsi qu’à trois tripartites et négocié trois paquets de solidarité et d’autres mesures, a énuméré mardi, en un flot continu, réflexions et propositions pour répondre à la crise actuelle et faire avancer la transition énergétique.
Dans plusieurs domaines, le gouvernement "traîne", selon lui.
Alors que de nombreux ménages souhaiteraient installer une pompe à chaleur, il reste encore interdit de le faire à l'avant des maisons dans la capitale. Et ce en raison du bruit. Sur ce point, Claude Turmes a souligné qu’il y a de toute façon du bruit route d’Arlon, tout comme à Bonnevoie, que de plus en plus d’avions survolent. Il y a trois ans, il avait proposé des simplifications avec l’ex-ministre de l’Intérieur Taina Bofferding, mais trois ans plus tard, rien ne s'est passé, car le ministre des Affaires intérieures actuel, Léon Gloden, estime que la politique écologique est une absurdité.
Claude Turmes a ensuite rappelé sa proposition d’un leasing social pour les voitures électriques, qui aurait permis aux personnes à faibles revenus de ne payer que 100 à 150 euros, le reste étant pris en charge par l’État. Ici, c’est l’autre ministre CSV, le ministre de l’Environnement Serge Wilmes, qui n’aurait rien entrepris depuis trois ans, d'après Claude Turmes. De même, en ce qui concerne les pompes à chaleur, Enovos et Sudenergie n’auraient toujours aucun plan pour aider leurs clients à abandonner le gaz.
Nous avons interrompu l’ancien ministre de l’Énergie alors qu’il évoquait encore l’initiative solaire avec le secteur artisanal, car il était en train de dépasser largement le temps prévu pour l’interview.
Plus tôt dans l’entretien, Claude Turmes avait également expliqué que l’État, en tant qu’actionnaire du groupe Encevo, avait en quelque sorte "offert" entre 200 et 250 millions d’euros de dividendes au groupe énergétique. Il estime que tout l’argent donné par l’État ne devrait plus être rémunéré à 6,25 %, mais seulement à 2 %, ce qui permettrait de réduire les coûts du réseau.
L’ex-ministre de l’Énergie n'a "pas entièrement" partagé l’analyse du directeur d’Encevo, Claude Seywert, mardi matin. Celui-ci avait déclaré il y a deux semaines, puis à nouveau la semaine dernière sur RTL, que la crise actuelle était une crise pétrolière et que l’électricité n'augmenterait pas cette année ni l’année prochaine. "C’est aussi une crise gazière", a rétorqué Claude Turmes, qui estime que l’on "jette de la poudre aux yeux des gens".
La plus grande usine de gaz liquéfié, située au Qatar, aurait été détruite. Chez Sudgaz, les prix auraient déjà augmenté de 10 % et en Allemagne, les stocks ne seraient pas remplis, de sorte qu’il faut désormais acheter du gaz plus cher. Claude Turmes a énuméré tous ces éléments pour conclure que le prix du gaz pourrait fortement augmenter au plus tard l’année prochaine.
Selon lui, ce n’est pas seulement la fermeture du détroit d’Hormuz qui jouerait un rôle, mais aussi les États-Unis, dont l’Union européenne importe un quart de son gaz depuis la guerre en Ukraine. Il a ici mis en garde contre le président américain imprévisible Donald Trump et contre un prix du gaz qui pourrait être multiplié par dix si celui-ci décidait de fermer le robinet à l’Europe.
L’Union européenne ne produit que 2 % du pétrole qu'elle consomme et 3 % du gaz qu'elle consomme. En revanche, pour l’électricité, ce chiffre est de 100 %, et une part croissante provient de sources renouvelables. C’est pourquoi, selon lui, "l’avenir de l’énergie en Europe est l'électricité".
Interrogé sur sa vie privée, Claude Turmes a déclaré que sa défaite électorale en octobre 2023 avait été un coup dur - "une claque" - après des années passées à tenter de faire avancer la protection du climat.
Le décès de son père l’a également profondément touché. La méditation l’a beaucoup aidé.
Désormais, il est de nouveau davantage actif à Bruxelles dans le domaine de la politique énergétique, notamment pour conseiller d’autres responsables politiques et des organisations. Un retour dans la politique nationale "n’est, du moins pour le moment, pas dans mes projets", a indiqué l'ex-ministre vert.