Drame du Marché de NoëlJusqu’en 2019, aucun accident grave ne s’était produit nulle part, selon la défense

Michèle Sinner
adapté pour RTL Infos
Au sixième jour d'audience du procès autour de l'accident tragique au Marché de Noël en 2019, les avocats ont poursuivi leurs plaidoiries mardi.
© Domingos Oliveira (archive)

Le procès concernant l’accident mortel survenu au marché de Noël 2019 suite à la chute d'une sculpture de glace s’est poursuivi mardi avec la suite des plaidoiries de la défense. L’avocate du Luxembourg City Tourist Office (LCTO) a demandé l’acquittement de l’ASBL qui gère l’office de tourisme de la Ville de Luxembourg. Elle a soutenu qu’aucune faute ne pouvait être reprochée aux employés et, par conséquent, pas non plus au LCTO en tant que personne morale. L’erreur fatale aurait été commise par le sculpteur. L’avocat de l’ancien directeur du LCTO et d’un autre employé du LCTO partage cet avis. Celui-ci aurait placé la sculpture sur "des palettes défectueuses"» sans en vérifier le niveau. Lui aussi a demandé l’acquittement pour ses clients.

Il a examiné minutieusement la question de savoir si l’on pouvait reprocher aux prévenus un défaut de prévoyance. Selon lui, il est objectivement très difficile de l’analyser aujourd’hui, alors que l’on sait que l’accident s’est produit. "En réalité, il faut se placer avant l’accident, lorsqu’il ne s’est pas encore produit, pour se demander comment on aurait agi en général, simplement en ayant regardé, en ayant vu la sculpture ou en sachant qu’elle allait être installée là", a expliqué l’avocat Pol Urbany. L’expérience et la connaissance des risques de ce type d’accidents joueraient alors un rôle important.

"C’est bien sûr ancré dans la manière de penser : est-ce qu’un tel accident s’est déjà produit ? Est-ce que cela fait partie de ma conscience ? Ou est-ce quelque chose auquel on n’a pas encore pensé ?"

Contrairement à ce qu’avait déclaré en tant que témoin l’ancien chef du Service des marchés, Marc Weydert, jusqu’en 2019, il n’y aurait eu nulle part d’accident grave avec une sculpture de glace.

"Cela n’a jamais fait l’objet de publications, ni dans les médias luxembourgeois ni européens, de sorte que personne n’aurait pu avoir connaissance qu’il y avait déjà eu des accidents de ce type. L’accident luxembourgeois est la première fois qu’un événement grave survient avec une sculpture de glace. Ce n’est évidemment pas comparable à un accident de voiture, dont tout le monde connaît les risques et sait ce qui peut arriver, compte tenu de tous les accidents que nous connaissons."

En résumé, la question est : "Peut-on prévoir quelque chose qui ne s’est encore jamais produit et dont on n’a aucune expérience ?" L’avocat de la défense estime que "non" Et c’est pourquoi ses clients ne pourraient pas être tenus pénalement responsables du décès du petit Emran.
Le procès se poursuivra mercredi.

L’avocat de l’ancien directeur du LCTO ainsi que du collaborateur qui avait accueilli le sculpteur le 24 novembre 2019 au Knuedler, a également plaidé l’acquittement pour ses clients. Lui aussi considère que la responsabilité de l’accident incombe au sculpteur lui-même. Il a fait valoir qu’on ne pouvait reprocher à ses clients aucun défaut de prévoyance, puisqu’il n’y avait pas eu au Luxembourg ni dans les environs, d’accident mortel lié à une sculpture de glace jusqu'à celui-là. Sans expérience ni connaissance de ce type d’accident, il aurait été difficile de le prévoir.

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