Mauvais résultats PISALes députés réclament une accélération des réformes scolaires annoncées

Pierre Jans
adapté pour RTL Infos
Mardi, les députés de la commission de l’Éducation ont eu l’occasion d'interroger le ministre Claude Meisch.
Il faut accélérer la mise en œuvre des réformes scolaires annoncées.
© AFP (archive)

Les mauvais résultats obtenus par les élèves luxembourgeois à l’étude PISA ont provoqué un choc à l'heure de la rentrée scolaire. Ces résultats ont montré quelle était la réalité et que les responsables politiques devaient réagir. Selon le ministre de l’Éducation Claude Meisch, le téléphone portable doit être totalement banni pendant les trois premières années de lycée. Mardi, les députés de la commission de l’Éducation ont eu l’occasion de le mitrailler de questions. Lors de cette séance diffusée en direct, plusieurs projets ont fait l’objet de critiques, toutefois exprimées avec mesure.

Le ton n’est pas monté pendant la réunion de la commission. Les députés savent que Claude Meisch n’est pas responsable des mauvais résultats PISA et que son portefeuille compte certainement parmi les plus difficiles. Il a néanmoins dû essuyer quelques critiques, notamment de la part de Dan Hardy, député ADR.

"À l’ADR, nous estimons qu’on expérimente trop. Nous sommes par exemple très sceptiques à l’égard du projet Alpha, c’est-à-dire l’alphabétisation en français. Ce projet nécessite trop d’infrastructures. Et le personnel enseignant nous dit qu’il n’y a pas suffisamment de salles de classe. Il faut tout de même écouter les personnes qui travaillent sur le terrain."

Ben Polidori, élu LSAP, a clairement fait comprendre au ministre de l’Éducation qu’il trouvait que les choses prenaient trop de temps depuis l’annonce de la possibilité de mobiliser un deuxième intervenant pour apporter une assistance dans les classes de l’enseignement préscolaire.

"Au début, il a été annoncé que cette mesure sera déployée dans tout le pays. Ensuite, il a été question d’un projet pilote. Cela fait deux ans que nous discutons de quelque chose pour lequel un projet pilote n’est finalement prévu qu’en 2027, et ce, toujours sans concept défini. Cela me laisse sur ma faim. C’est extrêmement regrettable, également pour les élèves et le personnel enseignant, qui souhaitent pourtant la mise en place de cette mesure."

Le député de la majorité Ricardo Marques (CSV) n’est quant à lui pas gêné par le calendrier prévu.

"Pour détecter les symptômes à un stade précoce, un deuxième intervenant est vraiment une bonne chose. Nous sommes heureux d’entendre que le projet pilote débutera en 2027."

La plupart des partis soutiennent Claude Meisch dans sa volonté de renforcer l’interdiction des téléphones portables. David Wagner, élu déi Lénk, se demande toutefois pourquoi l’utilisation des tablettes dans de nombreuses écoles n’est pas, elle aussi, remise en question. Il se prononce avec prudence en faveur d’une école davantage axée sur les supports analogiques.

"De nombreuses études montrent que l’utilisation des tablettes à l’école n’apporte aucune valeur ajoutée. Bien au contraire. J’avais posé de nombreuses questions à ce sujet. Je pense que l’école est là pour mettre les enfants qui lisent peu à la maison en contact avec des livres. Elle ne doit pas déléguer cette mission aux parents."

Selon Djuna Bernard, députée des gréng, on parle trop du système et pas assez des élèves.

"Nous attendons depuis longtemps une réforme annoncée de la médecine scolaire, qui, en plus, ne prend pas en considération de nombreux aspects concernant les jeunes, en particulier leur santé mentale."

Il reste donc de nombreux chantiers à mener. Un système scolaire "grippé", comme l’a encore résumé Ben Polidori.

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