Étude PISA 2025Le niveau des élèves luxembourgeois baisse encore

François Aulner
adapté pour RTL Infos
L’usage du smartphone sera davantage limité dans les lycées luxembourgeois. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Éducation, Claude Meisch, à la suite de la publication des résultats de l’étude PISA 2025. Ceux-ci montrent en effet que le niveau des élèves de 15 ans a encore baissé en sciences, en mathématiques, mais surtout en compréhension de l’écrit (lecture).
© AFP

L'OCDE a publié mardi matin les résultats de l'étude PISA 2025. Les performances des élèves luxembourgeois sont en recul depuis 2012, et ce phénomène s’observe également à l’échelle internationale. Les meilleurs résultats ont été obtenus par les élèves en Chine, à Singapour, au Japon ou, plus près de nous, en Estonie, en Suisse et en Angleterre. En bas du classement figurent le Rwanda, le Kurdistan irakien et le Kenya. Le Luxembourg se situe là où il s’est toujours trouvé : légèrement en dessous de la moyenne de l’OCDE.

De nombreux facteurs peuvent expliquer cette évolution négative, mais l’un des plus importants semble être l’utilisation toujours plus intensive, ou plus prolongée, des réseaux sociaux. Les jeunes "y consacrent davantage de temps, ils lisent plus rapidement, ils lisent de façon plus superficielle. Nous constatons par exemple dans l’étude PISA que le nombre d’erreurs d’inattention en lecture a doublé", explique Luc Weis, directeur du SCRIPT, le Service de coordination de la recherche et de l’innovation pédagogiques et technologiques du ministère de l’Éducation.

Les lycées luxembourgeois ont actuellement le choix entre trois modèles : interdire le smartphone pendant les cours, étendre cette interdiction à certaines périodes supplémentaires ou l’interdire durant toute la journée scolaire. Le ministre de l'Éducation, Claude Meisch, a annoncé l’ouverture de discussions avec les partenaires scolaires afin de généraliser l’interdiction complète du smartphone dans les classes inférieures (7e, 6e et 5e). Il a également lancé un appel à une utilisation plus modérée du smartphone en dehors de l’école.

Luc Weis souligne par ailleurs que les enfants auxquels leurs parents font la lecture à la maison obtiennent de bien meilleurs résultats. Selon le directeur du SCRIPT, l’école doit également mettre en place une stratégie favorisant la lecture de textes plus longs, "avec envie et avec rigueur". Un plan d’action devrait ainsi être élaboré afin de promouvoir la lecture dans l’ensemble de la société.

L’écart avec les élèves issus de l’immigration se réduit

L’étude PISA 2025 montre notamment que l’on commence déjà à observer les effets de l’intelligence artificielle. Les élèves qui utilisent l’IA comme "tuteur", autrement dit qui dialoguent avec elle, semblent en tirer profit. En revanche, ceux qui lui délèguent leurs "compétences métacognitives" perdraient certaines compétences.

Même si la tendance générale est négative, quelques résultats sont jugés positifs. D’une part, le Luxembourg se situe au-dessus de la moyenne de l’OCDE en matière d’apprentissage dans l’environnement numérique.

Une autre évolution positive est la réduction de l’écart entre les élèves dont les parents sont nés au Luxembourg et les élèves issus de l’immigration, par rapport à la précédente édition de 2018.

Pour le directeur du SCRIPT, cette amélioration est due à la politique menée par le ministre de l’Éducation, Claude Meisch : "Cela correspond à la période où nous avons introduit des classes européennes, où nous avons mis en place de nouvelles offres de formation, y compris des filières francophones. Nous constatons globalement que ces mesures peuvent porter leurs fruits, ou qu’elles portent déjà leurs fruits." Interrogé sur le fait que les résultats globaux ont malgré tout reculé, Luc Weis répond : "Oui", tout en soulignant qu’il s’agit d’"une tendance observée au niveau international".

Claude Meisch a par ailleurs mis en avant le fait que les élèves pouvaient choisir la langue dans laquelle ils passaient les tests PISA et que, pour cette édition, une proportion nettement plus importante d’entre eux a choisi le français.

Donner envie d’apprendre

Les pays dont les élèves obtiennent de bons résultats parviennent à "transmettre aux élèves l’envie d’apprendre". Les élèves y assument davantage de responsabilités dans leur processus d’apprentissage, ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils soient soumis à davantage d’examens.

L’étude PISA n’évalue pas uniquement les élèves, mais également leur environnement, les enseignants et les parents. Il ressort notamment qu’au Luxembourg, davantage d’élèves estiment que leurs enseignants ne les soutiennent pas suffisamment, par rapport à la moyenne de l’OCDE. Pour autant, Luc Weis ne pense pas qu’il existe une corrélation avec l’absence de système d’évaluation des enseignants au Luxembourg.

L’enquête PISA confirme une nouvelle fois que les facteurs socio-économiques ont un impact important sur les compétences des élèves. Ainsi, les résultats sont meilleurs dans l’enseignement classique que dans l’enseignement général (anciennement technique). Ils sont également bons dans les écoles internationales et européennes, et encore légèrement meilleurs dans les écoles internationales privées.

Les résultats de l’étude PISA 2025 seront discutés le 15 septembre au sein de la commission parlementaire de l’Éducation. La prochaine étude PISA sera réalisée en 2029. L’OCDE ayant accepté d’allonger le cycle d’évaluation de trois à quatre ans, le Luxembourg entend, contrairement à la fois précédente, participer à nouveau à chaque édition.

Retrouvez ici les résultats du Luxembourg dans l'étude PISA 2025.

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