
Le système de retraite, la prévention au travail et les maladies neurodégénératives : tels étaient les trois grands thèmes inscrits à l’ordre du jour des ministres de la Santé et des Affaires sociales des pays germanophones qui se sont réunis lundi au Luxembourg.
Le "quintette de la santé", composé de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Suisse, du Liechtenstein et du Luxembourg, s’est retrouvé à Esch-sur-Alzette pour une réunion de travail. Les discussions ont porté en priorité sur la modernisation et l’assouplissement du système de retraite. À ce sujet, le Luxembourg a présenté la manière dont il a abordé sa dernière réforme, a expliqué la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, Martine Deprez : "Avec l’initiative “Schwätz mat”, qui a tenté pendant plus d’un an d’associer l’ensemble de la population à la discussion, et comme nous l’avons encore constaté ces derniers jours, il est essentiel d’impliquer tout le monde dans les discussions. C’est également ce qui a été confirmé ici. Eux aussi, dans leurs pays, veillent à ce que chacun, et pas seulement les partenaires sociaux, mais les partenaires sociaux aussi, soit associé aux discussions."
Les retraites ne sont pas seulement un sujet au Luxembourg. L’Autriche est elle aussi face à des changements. La ministre autrichienne du Travail, de la Santé et des Affaires sociales, Korinna Schumann, a déclaré : "Nous disposons d’un bon système public de retraite, mais nous devons également veiller à le faire évoluer. Il est surtout important de réussir à maintenir les personnes plus longtemps dans l’emploi, ce qui permettra également d’alléger la charge pesant sur notre système."
Les conditions de travail pourraient constituer une première piste. C’est pourquoi la prévention au travail a également été abordée. "La prévention au travail ne se limite pas aux thèmes classiques de la prévention, où l’on évoque souvent l’alcool et le tabac. Il a aussi été souligné ici que le stress au travail est en constante augmentation et que les questions psychosociales doivent également être prises en compte dans le monde du travail."
Les maladies neurodégénératives représentent un défi majeur dans le domaine de la santé, un secteur dans lequel la coopération internationale joue un rôle essentiel. "C’est là qu’intervient le vaste réseau de recherche que nous pourrions mettre en place et que nous avons déjà partiellement développé avec l’Allemagne, le Liechtenstein, la Suisse et l’Autriche afin d’échanger des résultats de recherche. Nous ne sommes pas seuls dans ce domaine. Certes, nous sommes un petit pays, mais nous avons un impact important à l’international grâce au fait que nous avons créé très tôt ici, un centre de prévention consacré à la démence, avec un accent particulier sur la maladie de Parkinson, centre que nous avons désormais élargi à d’autres maladies neurodégénératives."
Martine Deprez et ses homologues des pays germanophones ont également souligné l’importance, dans le cas des maladies neurodégénératives, de permettre aux personnes d’être prises en charge à domicile, au sein de leur famille. Selon eux, les institutions et les structures de soins, à elles seules, ne suffiront pas à relever ce défi.