Des milliards d'eurosLes priorités sont-elles correctement définies pour les grands projets de défense ?

Jeannot Ries
adapté pour RTL Infos
Les députés des commissions de l’Exécution budgétaire et de la Défense ont reçu la ministre de la Défense, Yuriko Backes, lundi pour faire le point sur le suivi des grands projets dans le domaine de la défense.
Photo d'archive
© "La Défense"

Il s'agit de projets qui prennent des années avant d’aboutir. Le bataillon de reconnaissance binational belgo-luxembourgeois en est un bon exemple. Il a été définitivement lancé en 2022 par le prédécesseur de Yuriko Backes, François Bausch. Le projet se concrétisera partir de 2028, notamment avec le lancement du recrutement. Mais les premières factures doivent déjà être payées dès maintenant.

L’évolution est positive, selon le député CSV Alex Donnersbach : "Nous avons d’une part des études en cours pour les infrastructures. Mais il y a aussi bien sûr le grand contrat en cours pour avoir les blindés et tout le matériel au Luxembourg. On voit dans les chiffres que des fonds sont dépensés. C’est positif, car cela signifie que le projet avance. Et dans toutes les projections, on constate aussi que, lorsqu’on parle maintenant de défense antimissile, il s’agit aussi de montants importants, et il faut voir évidemment comment les financer."

La défense aérienne, un nouvel objectif de l’OTAN

Selon les informations de RTL, ce projet entrerait progressivement dans sa phase finale après environ neuf mois de préparation. Des contacts concrets auraient été pris avec un fabricant français. La ministre s’est toutefois montrée discrète mardi.

"Ce sont des projets très compliqués, très complexes, pour lesquels je pense que nous devons nous laisser le temps nécessaire pour pouvoir prendre la bonne décision. Sur base de l’ensemble des informations, des négociations et des analyses sont actuellement en cours", a déclaré la ministre de la Défense, Yuriko Backes.

Un atout majeur au niveau mondial est le savoir-faire luxembourgeois en matière de technologies satellitaires. Dans ce domaine, le "Govsat 2" est activement préparé pour assurer des communications sécurisées. "Il existe là une réelle demande", selon la ministre de la Défense. Il est d’ailleurs intégré dans la loi de financement, que des accords dits "de gouvernement à gouvernement" peuvent être conclus avant le lancement. Celui avec la Belgique a déjà été signé et des contacts très étroits existent avec d’autres pays.

Fixer les bonnes priorités

Dans un monde qui évolue extrêmement rapidement d’un point de vue géopolitique, le député CSV Alex Donnersbach salue par exemple aussi le fait que le Luxembourg réfléchisse à sa position en matière de défense contre les drones. De son côté, Marc Goergen, député des Pirates, remet en question certaines priorités. Le député est critique à l’égard du centre militaire prévu à Sanem, dans la localité d'Uerschterhaff. Selon lui, celui-ci aura un impact sur toute la vallée de la Kordall.

"En ce qui concerne la défense aérienne, nous y sommes plus favorables qu'à l'achat de chars. C’est justement un choix à peser, ce que l'on fait. De même, nous voyons la communication par satellite de manière beaucoup plus positive. Cela offre aussi bien plus de possibilités."

Des projets qui se chiffrent en milliards à financer

"Nous avons un objectif auquel le Luxembourg s’est engagé, à savoir augmenter de manière conséquente les dépenses de défense. Or, tout cela n’est pas budgétisé. À cela s’ajoutent naturellement toute une série d’autres dépenses, comme une réforme fiscale qui est prévue. Oui, bien sûr, cela nous inquiète lorsque nous voyons la situation actuelle, lorsque nous constatons qu’il est constamment question de réduire encore les impôts, pour les entreprises ou aussi pour des personnes qui n’en ont pas forcément besoin", a déclaré l'élue verte Sam Tanson.

Rien que les nouveaux objectifs de l’OTAN, discutés lundi, coûteraient environ trois milliards d’euros, avec, dès 2027, des projets de loi qui engageront des centaines de millions d’euros.

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