
Selon lui, le Luxembourg doit aussi assumer un cadre moral, surtout dans un contexte où aucune sanction nationale, européenne ou internationale n’a été prise contre Israël.
Ses propos rejoignent les critiques formulées ces derniers jours au Luxembourg, où Amnesty a dénoncé la décision temporaire de la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) d’autoriser la commercialisation des "Israel Bonds". Une décision qui prendra fin le 31 août, mais que l’organisation juge tardive.
David Pereira parle d’un "échec moral", estimant que les autorités auraient dû réagir bien plus tôt. Amnesty affirme avoir interpellé la CSSF et d’autres instances dès le début de l’année, sans jamais obtenir de réponse.
Pour le directeur d’Amnesty Luxembourg, le problème dépasse largement ces emprunts d’État. Il accuse la gouvernement Netanyahou de violations massives des droits humains et de crimes de guerre à Gaza, et reproche à l’Union européenne une attitude qu’il qualifie de "désastre".
Selon lui, l’Europe a su sanctionner la Russie pour l’invasion de l’Ukraine, mais reste largement silencieuse face à Gaza. "Le Luxembourg pourrait faire beaucoup plus, on ne devrait pas avoir à attendre que les autorités supérieures agissent pour faire ce qui est juste", insiste-t-il.

Au-delà du conflit au Proche-Orient, Amnesty Luxembourg poursuit également sa campagne nationale sur le droit au logement, menée avec l’Unicef et l’asbl Solidaritéit mat den Heescherten. L’organisation appelle à des mesures fortes pour sortir le pays de ce qu’elle décrit comme une "crise permanente" du logement.
"S’il faut du courage pour faire ce qui est juste, alors il faut l’assumer", conclut David Pereira.