
L'augmentation du salaire minimum est bien entendu un élément important de l’accord. Le salaire minimum augmentera l’année prochaine de 119 euros via un crédit d’impôt dégressif en deux tranches. Avec son coût estimé à 120 millions, il s’agit de l’un des principaux postes de dépenses du paquet de "résilience”. Le ministre du Travail CSV, Marc Spautz, n’était pas présent mardi lors de la présentation des mesures. "Sinon, la conférence de presse aurait été encore plus longue", a-t-il estimé mercredi matin lors d’une interview sur RTL.
Le fait que le salaire minimum augmentera uniquement par le biais d’un ajustement du budget de l’État s’explique par la volonté de ne pas imposer de charges supplémentaires aux entreprises. Plusieurs secteurs avaient déjà clairement indiqué au printemps qu’ils ne pourraient pas supporter une hausse structurelle. Dans le même temps, les syndicats OGBL et LCGB avaient affirmé qu’ils ne soutiendraient aucun accord à Senningen qui n’inclurait pas une nouvelle majoration du salaire minimum. L’Union des syndicats s’était sentie offensée en mars par la décision unilatérale du gouvernement, avec en son sein le nouveau ministre du Travail Marc Spautz.
Concrètement, il est désormais prévu que le crédit d’impôt “salaire social minimum” passe de 81 à 179 euros au 1er janvier 2027, puis de 179 à 200 euros au 1er juillet 2027. Combiné avec l'ajustement de 3,8 % et l’indexation, cela représente au final une hausse nette de 200 euros. Comme indiqué plus haut, ce crédit d’impôt sera dégressif et s’appliquera jusqu’à un salaire brut de 3.600 euros.
Le fait que l’écart entre le salaire minimum non qualifié et le salaire minimum qualifié, actuellement de 20 %, se réduise en raison de l’augmentation de ce crédit d’impôt ne conduira pas, selon Marc Spautz, à démotiver les salariés à se former. À ses yeux, il faudrait surtout promouvoir davantage l’artisanat en général. Des conditions de travail attractives (salaire, horaires de travail, etc.) pourraient attirer davantage de personnes. Les chambres professionnelles ont également une responsabilité à cet égard.
Aucune date n’a encore été fixée pour une première réunion avec les partenaires sociaux au sein du “Comité permanent du travail et de l’emploi”. Les syndicats en colère avaient en effet boycotté cet organe ces derniers mois. Le ministre du Travail souhaite désormais s’asseoir calmement à une table avec les syndicats et le patronat, puis définir ensemble les sujets à aborder, a expliqué Marc Spautz. De son côté, la Chambre des députés organisera en juillet un débat consultatif sur l’organisation du temps de travail. L’objectif du ministre est ensuite de parvenir, au sein du CPTE, à un accord sur ce sujet qui puisse être soutenu par les trois parties.
Dans une tribune publiée mercredi dans le Tageblatt, le président du LCGB, Patrick Dury, met déjà en garde contre de nouveaux conflits sociaux si le gouvernement ne devait pas relancer sérieusement le dialogue social mais poursuivre sa méthode “consulter et décider”.
Dans leur catalogue de revendications en vue de la tripartite, l’Union des syndicats OGBL et LCGB avait demandé la création d’un organe tripartite permanent ainsi que d’une cellule nationale de reclassement. Cela ne se concrétisera pas. Cependant, un “comité de suivi tripartite” et un “comité de suivi du logement” doivent être mis en place. Ceux-ci n’auront certes pas de base légale, mais ils devraient se réunir régulièrement deux à trois fois par an, afin de faire le point. La première réunion du comité de suivi tripartite, qui sera placé sous la direction du Premier ministre, est prévue au plus tard en octobre. En ce qui concerne le logement, il est important que les partenaires sociaux puissent également apporter leur contribution, estime le ministre Marc Spautz, dans l’espoir que le problème s’atténue.