C'est un vendredi noir qui restera gravé dans l'histoire de la télévision européenne. Le 31 juillet 1981, en début d'après-midi, un avion de chasse de la force aérienne belge a percuté de plein fouet le pylône de Télé-Luxembourg, provoquant l'effondrement de la structure. Le crash a fait trois morts et a coupé le signal de la célèbre station de radio-télévision.
Il est exactement 13h45 lorsque le drame se noue au sommet du mont Ginzebierg, à Dudelange. Un Mirage de l'armée belge, volant à basse altitude, rate sa manœuvre et sectionne le pylône émetteur de Télé-Luxembourg. L’appareil explose instantanément sous la violence du choc.
La catastrophe a coûté la vie au pilote de l'appareil, a un technicien de RTL, Paul Wantz et son épouse Marianne.
En s'effondrant, les 22 tonnes de ferraille de la tour de près de 300 mètres ont écrasé les bâtiments techniques en contrebas et balayé une maison d'habitation voisine.
L'impact a provoqué un immense nuage de fumée visible à des kilomètres à la ronde. Les débris de l'avion et du mât s'étaient éparpillés sur plusieurs centaines de mètres autour du crash, atteignant même le site de l'Arbed à Dudelange.
Mais c’est l'extinction immédiate des téléviseurs qui a donné l'alerte à des millions de foyers. Le signal de Télé-Luxembourg, qui arrosait le Grand-Duché, l'est de la France et la Belgique, s'est instantanément coupé. Sur les écrans, la mire a remplacé les programmes habituels de RTL.
Face à ce black-out total, une formidable course contre la montre s'est engagée pour rétablir les transmissions. Grâce à la solidarité des réseaux techniques français et belges, et à l'installation d'une antenne provisoire, la chaîne a réussi l'exploit de reprendre une partie de ses diffusions dès le lendemain.