Comportement incorrect en service Trois policiers de retour devant le tribunal

Diana Hoffmann
adapté pour RTL Infos
Trois des quatre policiers qui ont dû répondre devant le tribunal de violences policières présumées et d'entrave à la justice, ont comparu à nouveau mercredi devant les juges de la 12e chambre correctionnelle dans d’autres affaires.
© Laurent Weber

Dans le détail, il s’agit de trois incidents dans lesquels les prévenus étaient impliqués de différentes manières.

L’un de ces incidents s’est produit dans une station-service, où un homme avait commis un vol. Le policier avait immobilisé celui-ci de manière relativement brutale, en lui fauchant les jambes. La représentante du parquet a souligné que les images de vidéosurveillance montrent que la personne était debout et ne tentait pas de fuir. Par ailleurs, cette intervention n’a été consignée dans aucun rapport.

Deux autres interventions ont également été filmées. Dans un cas, deux agents ont interpellé un homme alcoolisé qui avait provoqué des troubles au Centre hospitalier de Luxembourg. Ils devaient le conduire en cellule de dégrisement. Une fois sur place, l’homme alcoolisé ne parvenait toujours pas à marcher. Comme le prévenu souffrait alors d'une hernie discale et que sa coéquipière n’était pas assez forte pour le traîner, ils l’ont installé à plat ventre, les mains menottées dans le dos, sur une sorte de planche à roulettes. Ils l’ont transporté ainsi jusqu’à la cellule. Ils ont en partie filmé l’intervention avec leur téléphone portable.

Dans une troisième affaire impliquant un autre policier, la situation était similaire. Cette fois, l’agent avait saisi un homme fluet sous les bras et l’avait soulevé à plusieurs reprises, comme s’il soulevait des poids. Les agents ainsi que l’homme lui-même avaient ri. L’agent reconnaît aujourd’hui qu’il n’aurait pas dû agir ainsi. Il n’a d’ailleurs aucune explication à ce comportement.

Ces vidéos se sont également retrouvées sur les téléphones portables des autres policiers prévenus. Les échanges de messages entre l’agent qui avait fait chuter l’homme devant la station-service et celui qui avait soulevé un autre homme au commissariat ne donnent pas une bonne image d’eux. "Est-ce que celui-là fait aussi partie de ta liste de morts ? ", a-t-il demandé à son collègue en lui envoyant la vidéo de son immobilisation présumée. Il a également écrit que les anciennes méthodes devaient revenir et qu’à partir de maintenant, il y aurait à nouveau plus de coups distribués.

Le parquet a requis des peines de prison

 
La procureure a requis une peine de prison de deux ans ainsi qu’une amende à l’encontre de deux des agents. À l’encontre du policier qui avait transporté l’homme sur la planche à roulettes, elle a demandé un an de prison et une amende.

Concernant l’affaire de la station-service, l’avocat du prévenu a indiqué qu’il y avait un motif. La méthode utilisée peut faire l’objet de discussions, ce que son client reconnaît d’ailleurs. Lui, comme les avocats des deux autres policiers suspendus, plaident l’acquittement. Il serait éventuellement possible d’évoquer un volet disciplinaire, mais en l’espèce, on se trouve dans le cadre pénal, a souligné l’un des avocats.

Le verdict de ce procès est attendu le 25 juin.

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