Fraude présuméeUn cardiologue luxembourgeois placé en détention après de vastes perquisitions

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Le Parquet de Luxembourg a ouvert une information judiciaire visant un cardiologue, après le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile par la Caisse nationale de santé.
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© Envato

La CNS soupçonne des fraudes en matière de prestations de santé, notamment pour des actes techniques relevant de la cardiologie.

L’enquête porte sur des faits susceptibles d’être qualifiés d’incitation à l’exercice illégal de la médecine, escroquerie à subventions, escroquerie à assurances, blanchiment‑détention, ainsi que faux et usage de faux. Dans sa plainte, la CNS s’appuie sur un ensemble de données et de statistiques comparant l’activité du médecin à celle de ses confrères. Elle évoque une activité "atypique en volume", des journées de travail "dépassant le domaine du possible" et des données qualifiées d’"outliers", c’est‑à‑dire aberrantes au regard des valeurs observées dans la profession.

Une enquête menée auprès de seize assurés a également mis en lumière la possibilité que certains actes nécessitant des moyens de réanimation aient été réalisés par des secrétaires seules, sans intervention du cardiologue.

Face à la gravité des éléments rapportés, les premières mesures d’investigation ont été menées dès mardi matin. Des perquisitions ont eu lieu simultanément au domicile du médecin et dans trois cabinets situés à Luxembourg‑Ville, Sanem et Schifflange. Le cardiologue a été arrêté puis présenté à une juge d’instruction. Après interrogatoire, celle‑ci a décerné un mandat de dépôt, toujours en vigueur à ce stade.

Les vérifications se poursuivent, notamment sur l’activité des cabinets ouverts successivement en 2022, 2023 et 2024, ainsi que sur l’évolution du chiffre d’affaires du médecin, jugée particulièrement importante.

Le Parquet rappelle que le système de sécurité sociale repose sur un lien de confiance entre patients, prestataires, organismes de sécurité sociale et autorités publiques. Lorsque des indices sérieux laissent présumer des pratiques susceptibles de porter atteinte à ce principe fondamental, les autorités judiciaires ont l’obligation d’en vérifier la réalité et d’en tirer les conséquences prévues par la loi.

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