Laurent Nuñez doit se rendre en début d'après-midi dans ce département où l'incendie qui s'est déclaré mercredi a déjà parcouru 950 hectares.
Vendredi matin, "la situation évolue favorablement", les quelque 500 pompiers engagés dans la nuit ayant réussi à en "stopper la propagation", selon la préfecture de l'Aude.
"Les conditions météorologiques sont moins défavorables aujourd’hui, avec des rafales de vent moins violentes et un taux d'humidité plus élevé", ajoute-t-elle dans un communiqué.
A Pouzols-Minervois (Aude), où de nombreux habitants avaient été évacués mercredi, on ne voit plus de fumée, contrairement à la veille, a constaté une journaliste de l'AFP. Cependant, le vent qui se lève pourrait compliquer la tâche des pompiers dans la journée.
Plus au sud, dans les Pyrénées-Orientales, l'incendie à Sainte-Marie-la-Mer et Canet-en-Roussillon ayant entraîné l'évacuation d'un peu plus de 3.000 personnes jeudi est sous contrôle. "Le feu de forêt et de végétation est désormais fixé. Le feu industriel, actif cette nuit dans la zone technique du port de Canet, est à ce stade circonscrit", écrit la préfecture dans un communiqué.
A Canet-en-Roussillon, plusieurs centaines d'évacués en attente d'informations sur les dégâts causés par l'incendie ont été accueillis vendredi matin dans une salle municipale. Sur des tables en plastique, vêtements apportés par des riverains et affaires de toilette sont à disposition.
"Tout a brûlé. Notre mobile home, nos affaires. Nous n'étions pas au camping quand le feu a démarré, on a ce qu'on a sur le dos et c'est tout", raconte Stéphane Barbier, 34 ans, un vacancier venu en famille de Seine-et-Marne et relogé dans un camping d'Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), à quelque 25 kilomètres de Canet.
"Le feu est arrivé d'un coup. Je ne l'ai pas vu mais j'ai entendu le crépitement, c'était très fort. On nous a dit de partir, on a pris quelques affaires et on a pris la route. On n'a pas encore confirmation mais a priori notre caravane a disparu", raconte Delphine, 34 ans.
"Six civils, dont un enfant", ont été légèrement blessés, de même que six pompiers volontaires, tandis que sept policiers municipaux ont subi des intoxications légères, selon la préfecture.
Parti de Sainte-Marie-la-Mer, l'incendie s'est propagé jeudi à Canet-en-Roussillon, touchant le pôle nautique. Au moins trois campings ont été touchés, entraînant l'évacuation de 1.700 campeurs, tandis que 1.500 autres personnes ont aussi dû quitter des entreprises. "Dans les campings, 281 bungalows ont été détruits par les flammes", selon la préfecture.
Un bâtiment de l'entreprise Catana, qui produit des catamarans, a été détruit, selon le préfet.
Un peu plus de 200 sapeurs-pompiers restaient engagés vendredi matin, avec 35 engins et des moyens aériens. Environ 200 personnes ont été hébergées cette nuit dans des "sites de repli" à Sainte-Marie-la-Mer, Canet-en-Roussillon, Le Barcarès et Torreilles, écrit encore la préfecture, précisant que jusqu'à 800 personnes y ont été prises en charge, la majorité ayant depuis trouvé une solution de relogement par leurs propres moyens.
Près de Marseille, le feu de Lançon-Provence est maîtrisé depuis jeudi soir. Quelque 150 pompiers sont restés mobilisés toute la nuit "pour une surveillance active des points chauds", tandis qu'à Rognac 40 sapeurs-pompiers sont toujours engagés, mais le feu est fixé.
Dans le Gard, c’est désormais un feu de végétation qui s’est propagé à un site de stockage de déchets à Milhaud qui mobilise le plus de pompiers. Vu la sensibilité du site, les pompiers du Gard anticipent une lutte "de longue durée".
"Il y a trois pompiers blessés légèrement et un civil blessé grièvement, avec des brûlures", a déclaré un porte-parole de l'Autorité nationale de protection civile.
L'incendie qui s'est déclaré aux premières heures de jeudi dans la commune de Vouzela, dans le district de Viseu, mobilisait vendredi matin plus de 900 pompiers, soutenus par près de 300 véhicules et huit avions ou hélicoptères.
Trois autres foyers moins importants, également dans le nord du pays ibérique, étaient combattus par près de 300 pompiers au total.
En raison d'un temps "très chaud et sec", avec des températures qui pourront atteindre les 44°C par endroits, l'agence météorologique portugaise a placé en alerte rouge 12 des 18 districts du territoire continental portugais. Ce niveau d'alerte maximale sera maintenu samedi et dimanche dans une dizaine de régions.
Face au risque de feux de forêt, le gouvernement a décrété une "situation d'alerte", en vigueur entre jeudi et lundi, qui permet aux autorités de restreindre l'accès aux zones de forêt ou d'interdire l'accès l'usage de certaines machines en milieu rural, afin de limiter le nombre de départs d'incendie.
"Nous pouvons parler ici d'une poudrière. (...) Il y a des comportements que nous devons vraiment interdire", a expliqué jeudi le ministre de l'Intérieur Luis Neves.
"Les petits moments de négligence provoquent de grandes catastrophes", a-t-il souligné.
Frappé chaque été par les feux de forêt, le Portugal reste marqué par les incendies meurtriers qui avaient fait plus d'une centaine de morts en 2017.