Récolte 2026 au Luxembourg"Les rendements sont un peu faible"

RTL Lëtzebuerg
traduit pour RTL Infos
Le bilan de la récolte historiquement précoce, est en baisse cette année au Luxembourg. Cela est dû à la sécheresse, mais aussi à la situation géopolitique.

Concernant les cultures d'hiver – blé, épeautre, seigle d'hiver, triticale –, les représentants du secteur céréalier sont satisfaits. Les rendements sont légèrement inférieurs à la moyenne annuelle. Mais "La qualité n'est pas si mauvaise cette année. On peut s'en accommoder, mais le rendement est un peu faible", résume Steve Turmes, directeur de la coopérative Lëtzebuerger Saatbaugenossenschaft (LSG).

Le problème concerne plutôt les céréales d'été - c'est-à-dire celles semées au printemps - puisque la masse et la qualité sont inférieures. "Cette année, nous avons récolté 10 à 15 % de céréales en moins que l'an dernier", explique Serge Turmes, directeur général du Verband Group/Versis. De manière générale, les céréales n'ont été affectées que par les températures extrêmement élevées de fin juin, lorsque le mercure a dépassé les 40°C à Remich.

Quant aux pommes de terre, les résultats sont plutôt négatifs après une récolte exceptionnellement abondante l'an dernier. "Pour faire des frites, il faut des pommes de terre d'une certaine taille. Nous ne l'atteindrons pas cette année", déplore Martine Hansen, ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Viticulture. Le colza d'hiver, l'épeautre et l'avoine ont été cités comme porteurs d'espoir. Ils ont été peu affectés par la sécheresse.

L'alimentation animale est une préoccupation majeure

Les agriculteurs sont très préoccupés par la production fourragère. Bien que deux coupes de bonne qualité aient été réalisées dans les prairies, la troisième a été quasiment perdue. "Nous avons des dégâts considérables dans les prairies", constate Martine Hansen. Les éleveurs puisent déjà depuis plusieurs semaines dans des réserves initialement destinées à l'hiver. Seules des pluies supplémentaires et une nouvelle coupe pourraient améliorer la situation.

La situation est également contrastée concernant le maïs fourrager. On observe à la fois de bonnes et de très mauvaises récoltes. "Cette année, nous avons commencé la récolte très tôt. Probablement la plus précoce jamais enregistrée", remarque Steve Turmes. Les plants de maïs chétifs ont été fauchés avant la fin juillet en raison des dégâts causés par la sécheresse.

Le rôle de la géopolitique dans l'agriculture

Les bénéfices que les agriculteurs tireront de leurs récoltes dépendent également de la géopolitique. Bien que le prix des céréales ait progressé de 10 à 12 % par rapport à l'année dernière, la culture céréalière n'est toujours pas rentable cette année, explique Serge Turmes. Cette hausse des prix est d'ordre politique, puisqu'elle est une conséquence de la guerre en Ukraine.

La hausse du prix du colza est encore plus marquée. Le conflit au Moyen-Orient a fait grimper le prix du pétrole, auquel est indexé celui du colza. Parallèlement, le diesel et les engrais ont également augmenté. Même si le prix des céréales a progressé, cela ne suffira pas à compenser la hausse des coûts. De plus, la récolte de cette année sera encore plus faible.

Pour se prémunir contre les mauvaises récoltes, les agriculteurs souscrivent des assurances. En cas d'assurance perte de récolte, l'État prend en charge 65 % des indemnités versées aux agriculteurs. Cependant, toutes les cultures ne sont pas assurables. "Quand il s'agit de fourrage, ils ont l'argent, mais pas encore le fourrage", souligne le ministre. Dans la Grande Région, il est actuellement difficile de se procurer du fourrage.

"Si l'on prend l'exemple de la production céréalière au Luxembourg, sans subventions, elle ne serait plus rentable", affirme Martine Hansen, la ministre de l'Agriculture. Puisque nous souhaitons garantir notre souveraineté alimentaire et maintenir la production alimentaire en Europe, il est essentiel de mettre en place une politique agricole commune forte. Par conséquent, les subventions doivent être maintenues. "Sans quoi nous deviendrons nous aussi dépendants en Europe de la production alimentaire."

Chaque pays européen devrait veiller de maintenir sa propre production. "Nous ne devons pas dépendre des importations alimentaires. Les responsables politiques doivent se poser la question suivante : veulent-ils voir des champs fleuris partout en Europe et nous laisser importer tous les produits, quelles que soient les conditions et la qualité ? Ou voulons-nous maintenir une agriculture locale avec une production saine de lait, de viande et de céréales ? », interroge Steve Turmes. Il appartient ici aux politiques de définir le cadre.

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