
Pour de nombreux clients touchés, il ne reste plus qu’une voie possible : celle des tribunaux. C’est ce qu’explique l’avocat Marc Theisen, interrogé par RTL, qui représente aujourd’hui un groupe d’environ quarante personnes, principalement clientes de la BIL, auxquelles des montants allant généralement de 6.000 à 20.000 euros ont été dérobés. Une réunion est prévue début octobre pour définir les prochaines étapes.
Selon l’avocat, les banques campent sur une position particulièrement rigide. Elles contestent toute faute et refusent d’assumer la moindre responsabilité dans ces fraudes, malgré des mois de discussions et les tentatives de médiation de la CSSF. L’idée d’une action collective n’est pas envisageable, les situations étant trop différentes d’un dossier à l’autre. Marc Theisen souligne toutefois que certains schémas se répètent, laissant penser que les établissements financiers auraient pu, grâce à leurs outils techniques, détecter ou bloquer au moins une partie des opérations suspectes, même si les fraudeurs ont fait preuve d’un haut niveau de sophistication.

Un autre élément nourrit l’idée d’une responsabilité partagée : le nombre de fraudes a nettement diminué après l’été dernier. Une baisse qui s’explique certes par une vigilance accrue des clients, mais aussi par un renforcement des mesures de sécurité du côté des banques. Marc Theisen regrette par ailleurs que de nombreux clients floués aient été accueillis avec froideur par leurs conseillers, alors qu’ils venaient signaler des pertes parfois considérables.
Le groupe de victimes qu’il représente ne reflète qu’une petite partie de l’ampleur réelle du phénomène. L’avocat dit avoir entendu parler de milliers de cas, certains dépassant les 100.000 euros. Quelques personnes ont pu récupérer une partie de leurs fonds, mais la quasi-totalité — "99,9%" précise-t-il — n’a rien obtenu. Les arrestations annoncées par la justice luxembourgeoise dans le cadre de l’affaire ne concernent, selon lui, que des exécutants de bas niveau, tandis que les cerveaux de l’opération semblent toujours hors d’atteinte.
Quant aux plaintes contre X, elles offrent peu d’espoir. Même lorsque des intermédiaires sont identifiés et arrêtés, les procédures pour récupérer l’argent peuvent durer des années, et il n’est pas garanti que les victimes soient un jour indemnisées. Pour beaucoup, la perspective de voir les principaux fraudeurs échapper aux conséquences de leurs actes est particulièrement difficile à accepter.