
Onze ans après l'unique victoire des Français de Laurent Tillie dans l'épreuve, les joueurs d'Andrea Giani se sont cette fois arrêtés sur l'avant-dernière marche, trébuchant face à des Polonais sur un nuage.
De quoi installer un peu plus la sélection de Wilfredo Leon, victorieuse de la Ligue des nations cet été, vice-championne olympique, au sommet d'une discipline dont elle occupe déjà la première place au classement mondial. À cela, ajoutez un ticket décroché pour les Jeux de Los Angeles.
Face à cette équipe, le capitaine Antoine Brizard savait qu'il fallait saisir chaque occasion. Et les Bleus ont tenté le coup, en parvenant notamment à arracher le troisième set.

Leur première chance s'était elle évanouie face à la cruauté du challenge. Alors qu'ils pensaient empocher la première manche 27-25, une faute au filet revue à la vidéo a totalement rebattu les cartes, et la Pologne ne s'est pas fait prier pour rafler la mise au terme d'une folle fin de set (29-31).
"Quand je vois le niveau de ce set, cela montre qu'on est capable d'être là, a souligné Trevor Clévenot. Cela fait mal car cela se joue à un point, le détail est allé du côté de la Pologne".
Un premier coup dur pour les Bleus, qui ont ensuite subi la foudre des tenants du titre. Menant de 10 points dans le deuxième set, les Polonais ont semblé dérouler. Défense aux aguets, attaques surpuissantes, Leon et le géant central Bartlomiej Lemanski s'en sont donné à coeur joie.
Pourtant, les coéquipiers de Mathis Henno ont retrouvé de l'énergie, qu'ils ont alors mise à profit pour se détacher dans le set suivant. Aidés par la superbe entrée du central Moussé Gueye (5 blocs), les Français ont semé le doute.
Mais la marche était encore trop haute.
"Je suis très fier de ce qu'on a fait, de notre été, d'où on est partis, salue Brizard. J'espère qu'on a construit quelque chose, que cela paiera".
Car si la fête était aux couleurs rouge et blanc samedi, le Bleu a tout de même réussi à redevenir à la mode européenne en cette semaine de Fashion week à Milan. Car l'argent reste synonyme d'espoir.
Sans de nombreux cadres ayant eu besoin de faire une pause, les Bleus ont presque remis les compteurs à zéro fin mai et le parcours sinueux connu tout au long de la saison laissait planer quelques incertitudes.
Éliminés avant la phase finale de Ligue des nations en juillet, les coéquipiers d'Antoine Brizard ont peu à peu récolté les fruits de leur travail. Autour du capitaine, mais aussi de Trévor Clévenot ou de Théo Faure - meilleur marqueur tricolore avec 136 points -, de nouveaux visages ont gagné leur place.
Déjà connus pour avoir notamment gagné en équipes jeunes, Simon Magnin, Daniel Iyegbekedo ou encore Mathis Henno se sont peu à peu fondus dans le collectif - avec plus ou moins de temps de jeu - le dernier étant l'un des éléments phares du parcours des Français.
"Les jeunes ont monté leur niveau, ils ont appris ce que c'était, il y a un bel avenir et il faut que cela soit une base", poursuit Clévenot, quand Andrea Giani a qualifié cet été "de très important pour les joueurs, pour comprendre les difficultés et à quel point beaucoup d'équipes jouent bien au volley".
Au fil des rencontres, le collectif s'est affirmé, à l'instar de cette victoire en guise d'exemple contre les Allemands en poules. Les Bleus ont ensuite pris le dessus contre la Roumanie, avant de rejoindre la séduisante Finlande dans le dernier carré. Certes, le chemin s'était un peu plus ouvert en évitant à Sofia de croiser le pays-hôte bulgare, et surtout plus tard l'Italie. Mais les Français ont aussi su gérer leur statut, un an après un Mondial-2025 conclu par une élimination dès la phase de poules.
À l'époque, Antoine Brizard avait laissé couler des larmes de déception. Un an plus tard, les Bleus n'ont peut-être pas les étoiles dans les yeux. Mais peuvent regarder vers l'avenir.