On pourrait presque parler de “Noël de la fin d’été” au Grand-Duché. Car au pays des gromperekichelcher, il n’est pas question de manquer ce rendez-vous, où l’on se déplace en famille, où l’on retrouve de vieux amis, où les enfants découvrent de nouvelles sensations tandis que les adultes retombent en enfance.
Quiconque a passé un peu de temps au Luxembourg sait l’importance de la Schueberfouer dans le pays, l’équipe de Cosmopoly a donc jugé bon de lui consacrer un épisode en cette fin de mois d’août.
Pour évoquer l’histoire, le rayonnement, l’impact social et l’organisation de cet événement, plusieurs invités dans le studio de Cosmopoly : les historiens Véronique Faber et Steve Kayser, le “monsieur Schueberfouer” de la ville de Luxembourg, Laurent Schwaller et l’humoriste Morgane. Jeff Spielmann, responsable des contenus du magazine de RTL Télé Lëtzebuerg était également présent.
Steve Kayser a évoqué la naissance de l’événement en 1341, sur le site du plateau du Saint-Esprit actuel : “Cela à la suite de la charte du 20 octobre 1340, où le comte de Luxembourg et roi de Bohême, Jean l’Aveugle, a donné à la population de Luxembourg cette possibilité d'organiser une foire commerciale, déjà à l’époque transrégionale.” L’historien a fait remarquer que, dès le 18e siècle, la Schueberfouer a été “à la pointe de la nouveauté. Déjà en 1910, on a pu découvrir l’un des premiers grands huit d’Europe. Même chose pour le cinématographe en 1897.”

De son côté, Véronique Faber a souligné la volonté d’en faire un événement populaire dans toute la Grande Région à partir de l’après-guerre : “Surtout dans les années 1960, la Commission de la Foire a fait beaucoup d'efforts pour atteindre plus de personnes, pour avoir un périmètre d’environ 100 km au-delà des frontières. En plus, il y a des forains qui viennent de Belgique, de France, mais aussi d'Allemagne et des Pays-Bas. Alors c'est vraiment un flux de personnes, d'idées et aussi de produits. C’est peut-être un peu moins vrai aujourd'hui, mais les Luxembourgeois vont connaître une première confrontation avec ces éléments. On achetait quelque chose qu'on ne pouvait acheter à aucun autre endroit.”

La Schueberfouer s’est avérée un vecteur de découverte, a précisé l’historienne : “J'ai eu des entretiens avec beaucoup de témoins, des visiteurs qui étaient aussi des fans de la Schueberfouer. Parfois, dans les années 60, c'était la première fois qu'ils voyaient un homme avec la peau noire dans les stands de boxe, c'était une rencontre avec d'autres cultures.”
En 2026, c’est Laurent Schwaller qui veille à la bonne organisation de cet événement en tant que chef du service “Événements, fêtes et marchés” de la ville de Luxembourg. Outre la responsabilité de la sélection des exposants et de la sécurité, “Monsieur Schueberfouer” a pour mission de rendre la foire accessible : “Les forains sont des commerçants, ils proposent leurs produits et leur prix. Nous, on veille à ce que ça ne déborde pas. On veille aussi à ce que les prix ne soient pas plus élevés au Luxembourg qu'à l'étranger, juste parce que c'est le Luxembourg. Il faut également rappeler que le tram circule et qu’il est gratuit. On a deux journées familiales où les tarifs sont réduits, on a une journée à demi-prix, on fait des sorties avec des associations, il y a des carnets de tickets gratuits qui sont mis en jeu sur différentes plateformes… Donc il y a aussi tout un éventail de possibilités pour les gens pour dépenser moins.”

Ces arguments n’ont pas empêché notre humoriste du jour, Morgane, d’ironiser sur les tarifs pratiqués, plaisantant sur les visiteurs qui vont y laisser “l'équivalent du PIB de Monaco”.

Jeff Spielmann de RTL Télé Lëtzebuerg a rappelé l’attachement des spectateurs de la chaîne à ce rendez-vous mais également l’excitation que la Schueberfouer suscite parmi les équipes lorsqu’il s’agit de couvrir l’événement “Dès la mi-juillet, les premières images sont captées puis arrivent les spéculations sur les manèges qui seront présentés, les nouveautés… La sécurité est toujours un angle intéressant dans le contexte international.”

À lire sur le sujet :