Le Luxembourg figure dans le groupe de tête européen en matière de ventes de véhicules électriques, une position qui s’explique notamment par un parc automobile relativement jeune, un pouvoir d’achat élevé, une forte proportion de véhicules de société et une bonne infrastructure de recharge. Les derniers chiffres du STATEC le montrent avec une progression de 2,1 points de l’électrique qui représente 28,8 % des nouvelles immatriculations dans le pays.
Des statistiques qui confortent sans doute Klima-Agence, organisatrice de l’événement Go Electric Day depuis lequel l’équipe de Cosmopoly a enregistré son dernier numéro.
Sur le plateau, Nagisa Ueno, cheffe de projet électromobilité chez Klima-Agence, Frank Maas, responsable de la promotion des solutions de mobilité à l’ACL, Thomas Gibon, chercheur au LIST (Institute of Science and Technology), sans oublier l’humoriste Julien Strelzyk.
C’était la deuxième édition de l’événement Go Electric Day, organisé pour la promotion de la mobilité électrique et réunissant tous les acteurs concernés (concessionnaires, sociétés de leasing, installateurs de bornes, de panneaux photovoltaïques…), l’occasion pour Nagisa Ueno de rappeler les avantages de cette option avec des exemples concrets : “On a mis à jour sur notre site Energieauer un comparatif des carburants. On peut voir quel est le coût pour 100 km en électrique, à partir d’un mix de 80 % de charge à domicile et 20 % sur les bornes publiques. Et donc, pour 100 km, Energieauer affiche 4,52 € alors que pour 100 km en diesel, on est à 12,90 €.”
Du côté de l’ACL, on n’a pas de statistiques qui permettent de savoir qui de ses 190.000 membres roulent en électrique. Mais Frank Maas a confirmé que c’est un sujet qui prend de l’ampleur : “On a quand même fait des questionnaires sur l'électromobilité auprès de nos membres. On peut dire, par exemple, que 60 % des gens ne sont pas encore décidés à passer à l'électrique. On en déduit qu'il reste un grand potentiel pour l'électrique. Il faut dire aussi que c'est une nouvelle forme de mobilité que les gens n'ont pas connue jusqu'à présent. C'est carrément un lifestyle, un mindset qui est différent. Pas uniquement la voiture, mais aussi toute l'infrastructure de charge, c'est tout un écosystème, en fait, qu'il faut adopter. Et c'est normal aussi qu'il y ait des réticences.”
Thomas Gibon, chercheur au LIST, est spécialiste des interactions entre les activités humaines et l'environnement. Selon lui, le passage à l’électrique est indispensable dans la logique de décarbonation : “La voiture électrique permet de décarboner la mobilité individuelle de manière, on va dire, indolore. On remplace une voiture par une voiture, on conduit une voiture de la même façon qu'avant, plus ou moins, on a la même place, on a le même confort, donc c'est quand même quelque chose qui est clé dans les scénarios de décarbonation. Aujourd'hui, au Luxembourg, l'électrification de la mobilité des voitures permet de réduire son impact carbone au moins de moitié, pour un usage identique. C’est pourquoi on essaie de pousser l'électrique.”
Dans sa chronique, Julien Strelzyk rêve d'un monde meilleur, quand toutes les innovations de la voiture électrique seront appliquées dans le monde du travail, comme “le fameux stop and go des voitures, mais avec nos supérieurs hiérarchiques. Ton supérieur arrive dans ton bureau : Julien, j'aurai besoin rapidement du rapport concernant etc…Là, tu déclenches le stop and go. Stop, il s'arrête de parler and go : il retourne dans son bureau !”
Le monde que décrit l’humoriste est peut-être encore lointain, mais celui de la mobilité électrique est en plein développement. Selon le STATEC, les voitures électriques représentent désormais près d’un tiers des immatriculations de véhicules neufs dans le pays et environ 10% du parc automobile.