LuxembourgCinq sections jeunesse de partis se mobilisent contre la crise du logement

Pierre Jans
adapté pour RTL Infos
Cinq sections jeunesse des partis politiques voient une urgence majeure dans la crise du logement : le manque de logements pour les jeunes. Leurs revendications n’ont toutefois rien de nouveau : un secteur public fort, un soutien aux locataires ainsi qu’aux jeunes qui souhaitent devenir propriétaires.
De gauche à droite : Olivier Cano, Alice Hoffmann, Maxime Pantaleoni, Lou Linster et Metty Steinmetz.
De gauche à droite : Olivier Cano, Alice Hoffmann, Maxime Pantaleoni, Lou Linster et Metty Steinmetz.
© Pierre Jans

À l’initiative des Jeunes Socialistes, la CSJ, la JDL, déi jonk gréng et déi jonk Lénk se sont réunis afin d’accroître la pression sur le gouvernement et les communes sur le dossier du logement. Ils ont toutefois exclu la section jeunesse de l’ADR, ADRenalin.

ADRenalin exclue, pourquoi ?

Et la question mérite donc d’être posée : pourquoi ?

"C’est évident, non ?", rétorque Alice Hoffmann, des Jonk Lénk. Mais ce n’est pas si évident, puisque les jeunes situés à gauche de l’échiquier politique font eux partie de cette initiative. Cela fait aussi réfléchir les présidents de la CSJ et de la JDL. Lou Linster, des Jeunes Démocrates, estime pour sa part, qu'"avec la droite extrême, il est toutefois difficile de trouver un consensus."

Quant au coprésident des Jeunes Socialistes, Olivier Cano, il justifie l’exclusion d’ADRenalin en affirmant "qu’ils se préoccupent davantage de légaliser les armes au Luxembourg que d’agir contre la crise du logement. C’est pourquoi, en tant que Jeunes Socialistes, nous sommes fermement opposés à leur présence autour de la table."

Alice Hoffmann, de déi Jonk Lénk, va encore plus loin : "Il est clair que nous sommes d’accord sur le fait que nous ne collaborons pas avec des proto-fascistes. Je suis heureuse que nous ayons pu maintenir cette position, en espérant que nous continuerons à travailler ainsi à l’avenir."

Que cela soit justifié ou non, cinq sections jeunesse de partis politiques en excluent résolument une autre. Le président d’ADRenalin, Maks Woroszylo, minimise ces reproches au téléphone et fait référence à ce qui se passe à l’étranger :

"Lorsque j’analyse ce qui se passe à l’étranger, on constate qu’il vaut toujours la peine de discuter avec les autres. Ce serait une erreur d’isoler un parti. L’ADR a obtenu 10 % des voix lors des dernières élections et j’espère que le parti continuera à progresser. On ne peut donc pas l’ignorer. Il serait dans l’intérêt de tous de discuter ensemble. Je ne le prends pas vraiment personnellement."

Autrement dit, ADRenalin aurait accepté une invitation, car il est également important à ses yeux que les jeunes qui ont grandi au Luxembourg puissent continuer à y habiter. Maks Woroszylo reconnaît toutefois que, dans son dernier programme électoral, son organisation ne s’était penchée qu'"un peu" sur la question du logement.

Consensus sur 12 points

Des jeunes de la Gauche aux jeunes chrétiens-sociaux, les cinq organisations sont parvenues à un consensus sur douze points. Elles souhaitent notamment la création d’un registre national du logement afin de recenser les logements vacants. Les communes devraient montrer l’exemple et ne pas attendre que le gouvernement agisse, plaide le porte-parole des jeunes Verts, Maxime Pantaleoni.

"Je ne comprends pas qu’en pleine crise du logement, il y ait encore des communes qui ne disposent pas d’un registre complet de leurs logements. Cela vaut en premier lieu pour la Ville de Luxembourg. C’est elle qui aurait le plus de travail à accomplir, mais elle dispose aussi de davantage de moyens financiers pour le faire. Je trouve irresponsable de la part de la bourgmestre, de dire en pleine crise qu’elle s’oppose aux ministères et qu’elle ne participera pas à cette démarche."

Ce registre s’accompagnerait d’une taxe sur les logements vacants afin de lutter contre la spéculation. Les jeunes responsables politiques souhaitent également que les règles de la SNHBM soient révisées et que les prix des logements ne soient pas uniquement déterminés en fonction des coûts de construction.

"Si nous les déterminions en fonction du pouvoir d’achat réel des personnes, c’est-à-dire de ce que les ménages gagnent et peuvent dépenser, nous obtiendrions des prix beaucoup plus réalistes", estime Alice Hoffmann.

Les cinq organisations de jeunesse réclament également que les mesures déjà décidées pour mobiliser les terrains constructibles soient enfin mises en œuvre. Lou Linster précise : "Le remembrement ministériel et le contrat d’aménagement des terrains à bâtir. Nous sommes maintenant presque dix ans plus tard et ces deux instruments n’ont toujours pas été introduits, alors qu’ils figurent aussi bien dans l’accord de coalition précédent que dans l’actuel. Sur le plan juridique, ce n’est pas si simple. Mais le Conseil d’État devrait trouver une solution avec le ministère."

Concernant les loyers, le consensus est le suivant, explique le président de la CSJ, Metty Steinmetz : "Nous estimons que le loyer maximum pouvant être demandé pour un logement doit également être adapté à la classe énergétique de celui-ci. Or, il existe encore suffisamment de logements dont les performances énergétiques sont mauvaises. Nous sommes en pleine transition climatique et énergétique. Les épisodes de canicule sont difficiles à supporter en été et, en hiver, certains logements nécessitent beaucoup de chauffage."

Voilà quelques-unes des douze revendications avancées pour tenter de répondre à l’urgence de la crise du logement. Les Jeunes Socialistes souhaitent lancer d'autres actions afin de mobiliser également les jeunes. Reste à voir si les organisations de jeunesse dont le parti est au gouvernement suivront le mouvement.

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