
En raison de possibles infractions au droit du travail, huit employés d’Amazon ont déposé une plainte auprès de l’Inspection du travail et des mines. Une enquête est actuellement en cours, a indiqué le ministre du Travail Marc Spautz devant la commission parlementaire du Travail. D’après les informations disponibles, les plaintes portent sur plusieurs griefs, notamment le dépassement de la durée maximale hebdomadaire de travail et l'absence de paiement des majorations légales pour travail effectué les jours fériés.
Le ministre a souligné que de premiers échanges avaient déjà eu lieu avec Amazon dans le cadre du dossier relatif aux plans sociaux. Le même droit du travail s’applique au groupe américain qu’à toute autre entreprise, a rappelé Marc Spautz.
"L’ITM est en train de faire une enquête sur chacun des points soulevés. Il n’existe en tout cas aucun registre permettant d’enregistrer les heures supplémentaires, comme c’est prévu dans le droit du travail luxembourgeois. C’est pourquoi le groupe s’est déjà vu demander, lorsqu’il était au ministère pour un autre dossier, de se mettre en conformité."
Gary Diderich, élu déi Lénk, qui avait demandé l’inscription de ce sujet à l’ordre du jour de la commission, se félicite que la taille d’Amazon ne joue aucun rôle dans le traitement du dossier. Il se pose toutefois plusieurs questions :
"Qu’un employeur n’ait encore jamais tenu de registre du temps de travail... un employeur qui compte pourtant plus de 4.000 salariés et qui a pu fonctionner ainsi pendant si longtemps. Pour nous, cela n’est pas acceptable. Nous espérons que cela prendra fin."
Georges Engel, député LSAP, a également souligné que les mêmes règles doivent s’appliquer à tous les employeurs. "Peu importe leur taille, peu importe le pouvoir qu’ils détiennent et peu importe les moyens financiers dont ils disposent."
Le ministre souhaite revenir devant la commission avec des informations complémentaires avant les fêtes de fin d’année. Les Verts ont également encore des questions en suspens.
La députée Djuna Bernard a déclaré qu'il reste "certainement toute une série de questions ouvertes de nature systémique concernant Amazon, mais aussi des questions que nous devons encore nous poser quant à l’adaptation de certaines lois."
Les premières des huit plaintes déposées contre Amazon remonteraient déjà à 2024. Les dernières n’auraient été introduites que la semaine dernière.