
La Direction de la défense luxembourgeoise a publié sur les réseaux sociaux un message présentant sa propre proposition de design pour les billets. On y voit notamment un billet de 5 euros illustré par l’avion militaire A400M, un billet de 20 euros avec un satellite, mais aussi un billet de 100 euros avec un char d’assaut et un billet de 200 euros illustré par un fusil d'assaut. Les images ont été générées à l’aide de l’intelligence artificielle.
Ces images s’inscrivaient dans le débat public lancé par la Banque centrale européenne autour du futur design des billets en euros, mais leur publication a rapidement suscité incompréhension et critiques.
Face à l’ampleur des réactions, la Direction a tenu à préciser sa position et à présenter ses excuses.
Elle dit reconnaître les préoccupations exprimées par une partie du public et regrette que ces visuels aient pu être interprétés "de manière erronée ou heurter certaines sensibilités". La Direction insiste sur son engagement en faveur d’une communication responsable et admet que cette initiative n’aurait pas dû prêter à confusion. Elle souligne également que la publication n’a pas été validée par la ministre de la Défense.
Selon la Direction, ces images répondaient "à une tendance circulant sur les réseaux sociaux", à laquelle d’autres institutions européennes liées à la défense avaient déjà participé. L’objectif, assure-t-elle, n’était pas de promouvoir une vision militariste, mais de "mettre en avant les capacités opérationnelles du Luxembourg et de sensibiliser aux enjeux concrets de la défense européenne dans un format adapté aux plateformes numériques".
La Défense rappelle que l’Union européenne, tout comme le Luxembourg, repose sur des valeurs de paix, de démocratie, de droits humains et de liberté.
Les moyens militaires présentés dans ces visuels, affirme-t-elle, ne s’opposent pas à ces principes : ils sont conçus pour les protéger. À travers cette communication, la Direction dit avoir voulu illustrer les outils développés en Europe et déployés au service de la sécurité de l’espace euro-atlantique.
Elle insiste enfin sur un point : "la défense nécessite des moyens adaptés, mais leur présentation ne doit pas être interprétée comme une volonté de militarisation". "L’intention, assure-t-elle, était uniquement de participer à une tendance en ligne et de rappeler le rôle des capacités militaires dans la protection des valeurs européennes".