Il y aura un avant et un après… et l’après risque d’être pire que l’avant. Difficile de laisser derrière soi l’été hors norme que nous avons vécu, de faire comme si ça n'avait été qu’un mauvais moment à passer. L’adaptation au changement climatique faisait déjà au Luxembourg l’objet d’un plan d'action comprenant 152 mesures présenté en avril dernier. Son caractère d’urgence a été exacerbé par les canicules successives de l’été 2026 et ses records de chaleur.
En prélude à une émission Cosmopoly sur le sujet, nous avons promené notre caméra dans les rues de Luxembourg afin de savoir comment les résidents, et même les personnes de passage, avaient vécu cet été.
“Plutôt mal, “pas facile”, “maux de tête”, “compliqué”, “ça m’angoisse”... Il a fallu peu de temps pour constater à quel point cet épisode a marqué les esprits.
Certes, le Grand-Duché s’en est un peu mieux sorti que ses voisins, notamment en matière de surmortalité, mais certaines des personnes que nous avons croisées auraient espéré des infrastructures plus adaptées : “On a senti le manque d'arbres dans le centre-ville, donc on n'a pas pu se protéger de la chaleur [...] Ici particulièrement, le centre-ville est tout bétonné. Je pense que les personnes âgées ressentent encore plus la chaleur, donc on n'est pas prêt, surtout l'infrastructure hospitalière, on n'a pas assez de main-d'œuvre pour faire face à une telle demande.”
La fragilité des personnes s'est avérée un sujet récurrent : “Pour les personnes qui sont bien portantes, qui sont jeunes, ça va, elles arrivent à gérer. Mais une grosse pensée quand même pour les personnes âgées, surtout pour les personnes âgées malades.”
Une résidente semble encore perturbée par ces semaines éprouvantes : “J'ai eu des maux de tête, des problèmes de circulation. Je n’arrivais plus à travailler, franchement [...] Ça m'a fait du mal de voir la nature cramer. C'était insupportable déjà physiquement, mais aussi mentalement, la concentration, la créativité... C'était dur.”
Plus loin, nous croisons une délégation de sportifs, l’équipe de rugby municipale de la ville de Toulouse. Derrière leur accent chantant et leurs sourires, la même inquiétude : “Ça a été très difficile. 41 degrés, voire 42. Imaginez ceux qui n'ont pas la clim.” “Le maire a fait en sorte que les gens puissent aller se rafraîchir dans des endroits adaptés qu’on on a ouverts.”
En France, en Belgique, où l’incendie des Hautes Fagnes mi-août a créé des désagréments jusqu’au Grand-Duché, et en Allemagne, les différents gouvernements ébauchent des mesures dont on ne sait pour l’heure si elles seront à la hauteur des enjeux. Au Luxembourg, la mise en œuvre du plan d’action pour l’adaptation aux effets du changement climatique (2025-2035) paraît plus que jamais cruciale. Comme l’a fait remarquer un résident au micro de RTL à propos de l’été 2026 : “Ça a été une preuve que le phénomène du réchauffement climatique, ça existe.”